Tous les chemins ne sont pas sur la carte

Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, au sujet desquels j’avais écrit qu’il fallait faire assaut d’innocence pour surmonter le défi qu’ils imposaient à la civilisation, dans le Paris froid, je suis entré à Notre Dame de Paris pour confesser, devant un prêtre hébété par cet aveu, que je porterais une parole destinée à sauver le monde.

Il faut un courage insensé et sans doute incompréhensible au commun des mortels pour articuler de tels mots. Ils ont la faculté de foudroyer un homme.

Quelques jours après les attentats du 7 janvier 2015, mon esprit a été submergé par la douleur, mais alors que chacun déclarait la guerre à un ennemi qui s’autodésignait ostensiblement, mon intuition me conduisait à suspecter que nos réactions collectives correspondaient précisément à ce que les instigateurs de cette guerre invisible, qui est une guerre qui ne montre d’elle que ce qui favorise ceux qui l’engagent et la nourrissent,  attendaient qu’elles soient.

Les attentats du 13 novembre 2015 m’ont atteint au plus profond et fait toucher le limites de mon principe d’élucidation, celui auquel je me suis voué, qui se tarrissait dans le bain de sang provoqué par les terroristes de Paris.
Le soir même, sur la page facebook de l’Elysée, alors que tous accusaient le salafisme comme étant à l’origine du fléau djihadiste, je postais pourtant une simple phrase dans le fil pour y dire que cette précipitation était trop rapide pour être honnête.
Elle correspondait à une intuition.
Ce 15 novembre 2015, je m’endormais mal avec ces mots, comme tournoyant en un mouvement circulaire, dans l’âme: « Seigneur, montre-moi ce qu’il y a à voir ».
Le 16, j’écrivais, sur ce blog même: « La trotteuse du djihad et le pendule de la Révolution Islamique d’Iran ».
Et le 17 novembre 2015, approfondissant le sujet: « Sauver Bachar El-Assad? Pourquoi. ».

Tous les chemins ne figurent pas sur la carte.
Cela ne signifie pas qu’ils n’existent pas et ne méritent pas d’être ouverts. Cela ne signifie pas qu’ils ne mènent pas quelque part.

Je ne m’explique pas que – était-ce le 8 janvier, le 9 ou le 10 ?- au Monoprix, de la place de l’hôtel de ville de Narbonne, où je me rendis pour quelques emplettes, alors que j’étais à la caisse, j’ai entendu deux trois personnes, deux hommes et une femme, dire à haute-voix, de sorte que, peut-être, je l’entendisse: « Ce sont vraiment des imbéciles. Ce n’est pas à Paris qu’ils devaient réaliser leurs attentats. Mais ici. ».
Quelques minutes avant, ils étaient dans le même rayon que moi. Mon attention avait été attirée par leur comportement.

C’est très déstabilisant lorsqu’on pense et écrit, au moment où tout n’est qu’hystérie, désir de guerre, une série de textes comme celui-ci . Ce sont des coïncidences auxquelles il m’est arrivé d’être confronté.
En terme de probabilité, tout de même, ayant écrit ce que j’ai écrit et développé ultérieurement la thèse sur l’origine et les buts du djihadisme islamique, un tel épisode  relève du mystère.

Tous les attentats m’avaient plongé dans un état second qui était un état premier.
Ceux qui sont postérieurs au 13 novembre 2015 et notamment celui du 14 juillet 2016, n’ont pas provoqué, au delà de l’émotion, un tel bouillonnement.
Comme si le mystère était percé.

La réflexion stratégique « Vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation »  est disponible en suivant le lien proposé ci-dessous:
https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/804719/s/vulnerabilite-des-democraties-a-l-age-de-la-mondia-2571dccb4d/#.WCTQrbV1A8o

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La police républicaine n’est pas une police patriote

Une partie des policiers de France a-t-elle l’intention de renverser le gouvernement et de peser sur la prochaine présidentielle au-delà de ce que procure à chaque citoyen sa participation au suffrage universel ?
C’est la question qui se pose après les manifestations du « peuple policier », ainsi qu’on a pu le voir invoqué. Elles se propagent depuis plusieurs nuits, depuis Paris, dans plusieurs villes de France.
La contagion menace et chaque policier, chaque citoyen, devrait être attentif à ce que porte en lui ce mouvement protestataire.

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« Vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation », bientôt publiée

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Le processus de publication de mon ouvrage: « Vulnérabilité des démocraties à l’âge de la mondialisation » entre dans sa phase finale. Je procède aux corrections des épreuves avant de délivrer le Bon à Tirer.
Développée dans le plus grand des isolements, cette réflexion participe au concours de la Réflexion Stratégique 2016 organisée par le Conseil Supérieur pour la Formation et la Recherche Stratégique.
Ce n’est pas un objet littéraire.
Ne bénéficiant pas du moindre support médiatique et de promotion, si vous désirez le commander, chacun peut manifester son intention d’achat directement auprès de l’auteur.
L’ouvrage est mis en vente au prix de 10,50€, plus les frais de livraison.
N’hésitez pas à le réserver en me contactant directement ou en passant, aussitôt que le livre sera disponible, par le site de vente en ligne de l’éditeur: https://www.edilivre.com/.
Le lien d’accès à la commande sera précisé dès qu’il sera disponible.

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L’omniprésent oeil de Moscou

Dans un article consacré à la montée des tensions entre les Etats-Unis et la Russie, Patrick Saint-Paul, du Figaro, consent à énumérer les soupçons de manipulations de la Russie sur les démocraties.
Je note particulièrement, en fin d’article, le passage qui concerne la montée de l’AfD, le parti populiste allemand qui a, aux dernières élections, fait voler en éclat la position centrale de la CDU, le parti de la chancelière.Voir l’article


« En Allemagne, le Kremlin est soupçonné d’instrumentaliser le parti populiste AfD (Alternative für Deutschland) pour déstabiliser la chancelière… Avec Angela Merkel, les relations avaient été cordiales jusqu’à ce que la chancelière se mette en travers de sa route en Ukraine. »
, écrit Patrick Saint-Paul.

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Dans l’indifférence, une tentative de renversement théocratique est en cours

La Révolution Islamique d’Iran poursuit son renversement théocratique aux dépens des régimes sunnites et, particulièrement, à l’encontre de l’Arabie Saoudite, gardienne de l’orthodoxie et de deux des lieux saints majeurs de l’islam et aussi source du wahhabisme.

Ce statut, au sein du monde musulmam, est l’objet d’une attaque en règle, dont la crise à Mina est un symptôme évident: celle d’Al-Qaida est la plus spectaculaire puisque le régime doit faire face, à ses frontières, à des agressions régulières. Lire la suite

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Nul ne pourra se laver les mains du sort d’Alep

yahiaLa honteuse majorité des personnes qui applaudissent la Russie, l’Iran et le régime de Bachar El-Assad engagés dans une offensive contre Alep sont au mieux des aveugles au pire des éléments d’une désinformation à grande échelle qui n’est pas sans conséquence puisqu’elle autorise, en ce moment sous nos yeux, un massacre à grande échelle.

Personne ne pourra s’en laver les mains. #Aleppo #Guernica Lire la suite

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Le grand mufti qui avait menacé l’Europe accueille Bachar El-Assad pour l’Aïd

L’homme qui accueille le président syrien dans cette vidéo, en copie d’écran publiée par Le Figaro, filmée au cours de la cérémonie destinée à marquer l’Aïd dans une ville reprise par le régime n’est pas un inconnu. Il s’agit de Ahmad Hassoun, le grand mufti de Damas.


Cette personnalité, plus
hau
ahmad-hassoun_syriete autorité religieuse du Damas, devrait attirer notre attention.

En 2011, comme s’en était fait l’écho CBS News, il avait menacé, dans une violente diatribe, l’Occident et l’Europe en  particulier d’attentats si le régime était menacé.

Dans son édition du 26 mars 2016, le site internet l’Orient New.net posait une question. « Est-ce que ISIS traite les menaces terroristes du Mufti d’Assad en Europe?«  , en s’interrogeant, dès la première ligne de son article, sur la cécité des médias occidentaux.
« Je ne sais pas pourquoi les médias occidentaux ont fermé les yeux sur les menaces qui ont été faites par le Grand Mufti d’Assad, Ahmad Hassoun, en Octobre 2011. Ces menaces dangereuses, émises par la plus haute autorité religieuse du régime Assad, ont été diffusées dans les médias occidentaux qui n’ont pas mesuré la menace réelle sur la sécurité de l’Europe. Le mufti est seulement un employé pour les services de sécurité [du régime syrien] et aucun employé mineur n’est autorisé à donner des instructions sans consulter les gens plus élevés, sans parler de l’émission de la menace terroriste par la plus haute autorité religieuse dans le pays. », écrivait Faisal al-Kasim, journaliste de nationalité anglo-syrienne, présentateur d’Al-Jazeera et de CNN Arabic.
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Un haut magistrat syrien dénonce les liens entre Daesh et le régime syrien

Dans cet entretien publié par l’agence Anatoly (turquie) en février dernier, M. Muhammed Kasim Nasir, ancien procureur général de la province d’Homs, en Syrie, accuse le régime syrien de connivence avec Daesh. Selon lui, les services secrets et militaires disposent de ramifications au sein de l’organisation terroriste.
Il affirme avoir obtenu de M. Nazim Abdullatif, directeur des services de renseignement syrien de la zone où lui même exerçait, des confidences selon lesquelles les attentats de daesh en Turquie et en Europe, y compris en France, consistaient à punir ces pays pour leur politique défavorable au régime de Bachar El-Assad.
« Abdullatif m’avait averti que leurs agents au sein de Daech prévoyaient une attaque terroriste en Turquie, a-t-il lancé. Cette discussion avait eu lieu au début de l’année 2015. Il m’avait dit que la Turquie paiera son intervention en Syrie et qu’elle « brûlera sous les feux du terrorisme ». De la même manière, la France et le président français, François Hollande, qui veut le départ du régime d’Al-Assad, seront dans un premier temps visé, avant de passer au reste de l’Europe. Tous devront payer.», rapporte l’agence turque.
Le magistrat évoque même un accord sur des armements.
« Cabir déposait les armes commandées par Daech aux points de contrôle militaire. Ensuite Daech organisait des attaques sur ces points précis. A ce moment là, Cabir ordonnait à ses soldats de se retirer en leur indiquant que leur vie était plus importante que tout. En prenant le contrôle de ces points, Daech récupérait toutes les armes »,a-t-il dit.
Ces révélations, ignorées par les médias hexagonaux, sont de nature pourtant d’éclairer la partie qui se joue actuellement en Syrie, avec l’engagement russo-iranien au secours du tyran syrien, d’un éclairage particulier.
Elles correspondent à l’analyse que j’ai développée sur mon blog, notamment après les attentats du 13 Novembre dernier, intitulée « Sauver Bachar El-Assad. Pourquoi?« .

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« Tous les extrèmismes ont intérêt à se manifester »

M. Calvar, devant la Commission Nationale de la Défense et des Forces Armées, a évoqué les risques qui pèsent sur notre nation et, au delà sur l’Europe. Le texte complet est disponible sur le site de l’Assemblée Nationale.
Il relève un niveau de violence croissant sur la société française, mais également sa complexification et ses métamorphoses, notamment à l’ultra-droite.

« Vous avez également évoqué les casseurs, répond-il à un membre de la Commision qui l’interroge. Je précise que la DGSI est un service antiterroriste. Aussi relèvent-ils du renseignement territorial et pas de nos services. Nous suivons pour notre part le haut du spectre, c’est-à-dire des individus susceptibles de basculer dans des actions terroristes qui visent à porter atteinte aux institutions de la République. » Lire la suite

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Khamenei: « Le Coran nous a appris qu’il faut que l’ennemi ait toujours peur de nous »

Discussion – 01018S02 | FUN MOOC

Le lundi 2 mai, ce dont témoigne son site officiel www.leader.ir, accessible en langue française, le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, s’est adressé aux enseignants de son pays. L’honorable Ayatollah Khamenei, est-il écrit, a relevé un point avant d’évoquer les caractéristiques nécessaires pour former la future génération. «Nous ne nous trouvons pas dans un espace sans adversaire pour former la future génération, nous avons devant nous un adversaire qui s’appelle l’ordre de l’hégémonie internationale.», a fait remarquer le Guide suprême de la Révolution islamique. «Il se pourrait que certains soient surpris et qu’ils se demandent quel est le rapport entre l’Education et l’ordre de l’hégémonie internationale ? Ce alors que la réalité est que l’hégémonie a tout un programme pour la jeune génération des peuples notamment celle de la nation iranienne.», a réitéré le Guide suprême de la Révolution islamique, pour qui les Etats-Unis, les capitalistes du sionisme et certaines chancelleries arrogantes sont l’incarnation de l’ordre de l’hégémonie internationale. «L’ordre de l’hégémonie voudrait que les futures générations des pays soient celles qui aient la pensée, la culture, la vision et le goût qu’il souhaite dans la perspective des questions internationales, en fin de compte les élites, les hommes politiques et les personnes influentes pensent et agissent de la manière qu’il souhaite.», a souligné le Guide suprême de la Révolution islamique.

Il a insisté sur l’importance de bâtir le pays et le rendre puissant, rappelant sur cette voie, le rôle saillant des enseignants, qu’il a appelé le plus important élément qui saurait rendre puissant le savoir. «La force ne se résume pas uniquement à avoir de l’arme, mais aussi le savoir, la foi, la personnalité nationale, la résistance et l’identité révolutionnaire sont d’autres facteurs pour produire la puissance et la force.», a-t-il fait remarquer. «Lorsque l’ennemi constate votre force, il se verrait obligé de battre en retraite ; mais quand on évite de monter les bases et les éléments de sa force devant l’ennemi ou on a peur, l’ennemi devient audacieux.», a réitéré le Guide suprême de la Révolution islamique.

C’est ainsi qu’il se faut confronter
aux puissances hégémoniques

Ce qui me semble émaner de ce discours, c’est qu’il fixe, fonde et détermine un plan stratégique dont la Révolution Islamique est le moteur. Je ne puis croire, un seul instant, que ces propos si explicites, ne soient pas observés par notre Renseignement pour ce qu’il est. C’est à dire, tout, sans anodin, comme en témoigne la suite du discours.

Nous spéculons beaucoup sur la portée du terrorisme djihadiste, mais l’attention réelle et principale porte et doit porter sur les mouvements de cette Révolution et ce sur quoi son Intelligence peut trouver à s’appuyer pour réaliser ses objectifs géo-politiques qu’elle brandit.

D’autant que ce discours sur l’éducation, introduit des enjeux d’un autre type.

En allusion au projet de loi, poursuite le compte-rendu, qui est en cours au Congrès américain contre les manœuvres navales iraniennes, il a souligné : aujourd’hui, les ennemis prononcent des paroles qui vont au-delà de leurs limites, en l’occurrence ils fomentent le plan selon lequel « l’Iran ne devra pas avoir des exercices navals dans le golfe Persique » ; ce alors qu’un tel discours est stupide et futile.

«Le golfe Persique est la maison du peuple iranien et il y est présent ; les côtes du golfe Persique et une grande partie des côtes de la mer d’Oman appartiennent à la puissante nation iranienne ; par conséquent nous devrons y être présents et manifester notre puissance ; ce sont les Américains qui devront répondre pourquoi ils sont venus ici de l’autre côté du monde et ils y font des manœuvres», a martelé le Guide suprême de la Révolution islamique et d’ajouter : c’est ainsi qu’il faut confronter les puissances hégémoniques.

«Le Coran nous a appris qu’il faut être prêt de telle sorte que l’ennemi ait toujours peur de nous», a-t-il renchéri.

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En appelant au djihad global en Syrie, quels intérêts sert Al-Qaida

Comme cela avait été le cas dès l’engagement, fin 2015 de la Russie dans la guerre civile syrienne, Al-Qaida relance son appel à l’unité de l’ensemble des forces djihadistes. Cette fois-ci, outre Ayman Al-Wazahiri, qui a succédé à Oussama Ben Laden, le fils du fondateur d’Al-Qaida lance un appel, sous couvert, paradoxalement, de lutte contre les infidèles, à l’unification du combat contre le régime de Bachar El-Assad, toutes bannières confondues de Daech aux rebelles dits modérés.
Certes, la situation sur le terrain, marquée par un repli des positions qui avaient été gagnées avant l’irruption de la Russie dans le jeu, peut expliquer cette stratégie présentée comme étant « une question de vie ou de mort ».
Nous aurions cependant tort d’analyser cette appel à l’aune d’une sorte de djihad global.

Je crois surtout que Al-Qaida, à travers ce que je crois être un stratagème redoutablement pervers, en exhortant à partir de la frontière syrienne « à libérer la Palestine », ouvre un piège dans lequelles les forces d’oppositions pourraient être tentées de tomber. Et, même si elles ne le faisaient pas, cette rhétorique continue à servir Damas puisqu’elle jette sur elles une ambiguité qui permet au régime de Bachar El-Assad, aux Russes, de prospérer sur une ligne qui consiste à discréditer par ce biais les différents segments de l’opposition syrienne et à amalgamer ces forces-là au djihad. Lire la suite

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Le TAFTA est-il vraiment un ami qui vous veut du mal?

Nous sommes à l’heure du grand Croque-Mitaine. Il porte un nom, le TAFTA, et son acronyme est désormais fantasmé par un grand nombre de citoyens auxquels on fait croire, avec succès, que ce traité est nocif et qu’il constitue un complot dirigé contre eux par les élites européennes.

Depuis que le président des USA, Barack Obama, est venu dire à Hanovre le 25 avril 2016, son attachement à ce traité, en insistant sur le fait que la fenêtre d’adoption se réduisait insistant pour que cette négociation, entamée en 2013, aboutisse d’ici la fin de l’année, l’opposition se fait plus virulente. Il ne s’agit pas d’aboutir au plus équitable des traités, il s’agit d’enterrer la perspective d’une zone de libre-échange qui permettrait d’insuffler, de part et d’autres de l’Atlantique, de précieux points de croissance et de dynamisme et, pour cela, de lever toutes les peurs possibles et imaginables.
Elles se bousculent au portillon.

Greenpeace portera-t-elle le coup de grâce. C’est  apparemment ce que cette Organisation Non Gouvernementale, allant au delà de sa vocation d’origine qui regardait la protection de l’environnement, entend faire en annonçant qu’elle publiera  248 pages de documents confidentiels du projet d’accord de libre-échange commercial TTIP (ou TAFTA). Elle a annoncé dimanche que ces pages « confirment les menaces sur la santé, l’environnement et le climat ». Lire la suite

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Défense de Salah Abdeslam

Maître Berton,

Vous venez de prendre en charge la défense de M. Salah Abdeslam.
Sans m’immiscer dans la ligne de défense qui pourrait être la vôtre, je souhaite vous faire part de quelques réflexions qui pourraient vous être utiles et donner au (x) futur (s) procès, en France et en Belgique, une dimension dépassant celle qui se préfigure et qui se concentrerait exclusivement sur la dérive djihadiste de certains jeunes.

En premier lieu, s’il faut tenir grief à votre client de ses intentions criminelles, il faut aussi le remercier de ne pas avoir mis personnellement à exécution le projet funeste. Cela a sauvé des vies, dont la sienne. Cela mérite d’être porté à son crédit et de lui valoir une autre justice que celle qui consisterait à faire de lui, au delà de ce qu’il est, une fausse victime expiatoire. Car expiatoire de quoi?

Si ma théorie est exacte – et je crois utile, pour la manifestation de la vérité qui est due aux victimes des attentats de Paris comme de tous les attentats qui ont ensanglanté le monde depuis au moins le 9-11-2001, qui constitue le marqueur de cette terreur, de l’explorer – M. Salah Abdeslam est un instrument entre les mains de puissances masquées.

Je ne m’interdis donc pas de penser que M. Salah Abdeslam puisse avoir été victime d’une manipulation comme nous le sommes nous également puisque nous ne parvenons pas à discerner l’origine de ce qui a tous les traits d’un complot géopolitique, avec en son coeur la Révolution Islamique d’Iran et la complicité active de la Russie qui trouve dans ce contexte des leviers pour fragiliser l’Union Européenne. Lire la suite

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Faut-il un droit de la presse particulier en état d’urgence?

Même si le débat constitutionnel est refermé, je me demande dans quelle mesure l’état d’urgence, correspondant donc à une série de mesures adoptées pour faire face à une menace lourde et sombre qui pèse sur nous, ne devrait pas aboutir à une limitation, un encadrement, de la liberté de la presse, tout comme, finalement, à une limitation de la démocratie directe. Il me semble évident, aujourd’hui, que des forces nourrissent et instrumentalisent avec une vigueur redoublée le potentiel que leur offre ces vecteurs et ces forces y renonceront d’autant moins que la société qui prétend se défendre donne l’image d’une société qui se désagrège et perd le nord. Lire la suite

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La guerre invisible

Une guerre invisible n’est pas une guerre qui ne se voit pas. C’est une guerre qui ne montre d’elle que ce qui la tient masquée.
Jusqu’à présent, il fait peu de doute que la guerre qui nous est livrée, et qui a ensanglanté en quelques mois la France, la Belgique, le Pakistan, la Turquie, le Mali, le Maghreb, est demeurée invisible, s’agissant de ses réels enjeux et de ses motivations concrètes.
Nous n’en absorbons que l’enfumage alors que ce qui importe réellement, pour défaire et rendre inopérante la stratégie mise en oeuvre, c’est d’identifier l’origine de la menace et de discerner ses points d’appui et de développement.

Prenant le relais d’Al-Qaida, en perte d’influence apparente, des terroristes infiltrés en Europe érigent le drapeau noir de Daesh, chaque fois qu’ils commettent leurs abominables attentats. Le résultat de ces opérations est toujours le même. Nous nous réveillons en plein cauchemar avec, pour paraphraser Le Spleen de Baudelaire, le drapeau noir des soldats du califat planté sur nos crânes inclinés. Ils entrent dans notre pensée les éléments qui nous amènent à penser ce qu’ils veulent que nous pensions.
Affreux trophées qui nous ramènent toujours au pied du même mur, de nos mêmes limites à penser le mal au delà de cette barrière. Lire la suite

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La veuve Havlish et la vérité du 9-11-2001

Nous pouvons créditer le juge Daniels et la cour du district Sud de New-York d’avoir eu raison d’être allés au bout de leur désir de justice. Cette cour a dressé et soutient l’acte accusatoire qu’ils opposent, sans susciter l’intérêt qu’ils auraient sans doute mérité, aux Etats, dont l’Iran, organisations terroristes, autorités, impliqués dans ce qui apparaît comme une conspiration puissante et tentaculaire.

Chacune des victimes de ces tragiques attentats, comme toutes celles du terrorisme en général comme des désastres qu’il a généré, aurait aimé, aurait mérité, de bénéficier de quelqu’un d’aussi déterminé et tenace dans la quête et l’exigence de vérité.

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Fiona Havish et son époux, lors de leur mariage en août 1993, poursuit l’Iran. Le courage et la dignité d’une épouse.

Ce sont, peut-être, ces gens là, ces magistrats, ces vrais experts, ces gens de l’intelligence, les authentiques héros de la vérité dans un monde qui se soumet aux mensonges et le fait qu’ils l’aient fait, à l’origine des procédures, au nom d’une seule plaignante, Mme Havlish, ne rend la réquisition et le jugement auquel il a abouti, que plus exemplaire. Lire la suite

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La révolution islamique d’Iran est-elle vraiment l’hydre du début du XXIe siècle

Toutes choses étant égales, par ailleurs, le désintérêt médiatique pour le jugement et les motivations du juge George Daniels,  de la Cour de district Sud de New-York, qui a le 10 mars dernier, prononcé une condamnation à l’égard de l’Iran considéré par cette juridiction comme à l’origine des attentats du 9-11-2001, tranche avec l’intérêt médiatique et populaire que Snowden et Assange, élevés au rang de héros de la liberté d’informer, ont incarné.
J’ai signalé, dans ma contribution publiée il y a deux jours, que la thèse du juge George Daniels n’avait inspiré que dédain et mépris. La grande presse ne l’a pas jugé digne d’être questionnée, et portée, avec un minimum de sérieux, jusqu’au public. Lire la suite

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Comment un juge de New-York accuse l’Iran d’être complice des attentats du 11 sept 2001

Un juge nommé George Daniels, de la Cour de district Sud de New-York, a jeté un pavé dans la mare, ce mercredi 10 mars 2016, en condamnant l’Iran à payer des dommages et intérêts pour un montant de 7,5 milliards de dollars aux familles des 2997 victimes des attentats du 11 septembre 2001, et 3 milliards de dollars aux compagnies d’assurance.
Ce jugement, rapporté en France parmi les médias principaux par le site du Point.fr, qui se contente de titrer sur la protestation de l’Iran tenant ce jugement pour « ridicule »,  prend à revers la construction intellectuelle, voire la tautologie, mise en place depuis l’émergence du phénomène du djihadisme, imputé de manière automatique au sunnisme et particulièrement à l’Arabie Saoudite. Lire la suite

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Agonie des systèmes financiers

Faut-il redouter les effets de la crise financière et boursière dont témoigne la chute récente de plusieurs des indices auxquels sont attachées les places financières qui se scrutent mutuellement, recherchant les raisons de sauver ce qui reste de confiance?
Au delà des appréciations techniques, cela ressemble à des incantations vaines. Lire la suite

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Les cycles et la permanence

Nous devrions, nous humains, nous investir dans ce qui réalise notre permanence et nous délivrer des cycles si nombreux qui nous gouvernent, car tout porte à penser que leur forme et leur pression vont s’accroître et se diversifier. Un grand nombre de nos constructions physiques et de nos modélisations sociales et intellectuelles sont liées et mues par la conscience que nous avons des cycles à commencer par ceux du temps, des saisons, de la vie et de la mort, de nos sentiments et de nos passions.
Loin de nous en émanciper, nous nous adonnons corps et âme à l’alternance de passions contradictoires, que nous avons inscrite dans le déroulement de la vie démocratique, appréhendée comme la succession de passions et d’accords partisans et idéologiques. Lire la suite

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Une brêve histoire de la Révolution Islamique d’Iran

Le temps viendra de tirer au clair les conditions dans lesquelles la seconde guerre d’Irak a été déclenchée. Aujourd’hui encore, chacun se satisfait de la thèse généralement admise selon laquelle elle résulte d’une initiative des Américains fondée sur une série de mensonges d’Etat, n’ayant pour but que le contrôle du pétrole.
Cette thèse, il est vrai, a plusieurs mérites. Lire la suite

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Sauver Bachar El-Assad à tout prix. Pourquoi?

En peu d’années, la Révolution Islamique a beaucoup appris. En premier lieu, de ses erreurs de jeunesse. Elle témoigne, aujourd’hui, au delà de toutes nos préventions, une expertise inédite qui lui permet de réaliser son ambition géopolitique aux dépens des sunnites et de l’Arabie Saoudite qu’elle tente de mettre entièrement dans notre collimateur. Sa faiblesse, son talon d’Achille, inattendu, c’est Bachar El-Assad. Témoin, acteur et dépositaire de secrets inavouables qu’il faut à tout prix sauver. Il est temps de voir cela.

Parmi les choses frappantes d’un point de vue analytique, il y a l’irruption trés rapide, trop rapide, dès le lendemain des attentats du 13 novembre du « salafisme » désigné comme ennemi, un parmi d’autres serait-on tenté de dire, mais il faut se méfier des fausses évidences. Le diable s’y cache et s’active pour nous y retenir et nous y corrompre. Il est à l’oeuvre et il a une forme, celle de la Révolution Islamique. Car si l’on met les évènements qui ébranlent le Moyen-Orient depuis l’installation de la Révolution Islamique, en 1979, à l’épreuve des faits, et qu’on les regarde objectivement, une évidence s’impose à l’esprit et la tromperie n’est pas du côté où l’Iran prétend et nous a persuadé qu’elle est. Lire la suite

Le temps venu de renouveler toutes choses

Les temps les plus tragiques – et celui que nous traversons porte cette marque lugubre – sont aussi les plus éloquents.
Que dit notre temps? Des choses en apparence très contradictoires.

D’abord, il manifeste une grande peur. Elle s’exprime dans tous les domaines.
Nous avons peur de l’énergie et nous avons peur d’en manquer. Nous avons peur de la mort et nous avons peur de la vie.
Nous avons peur du soleil et des comètes. Nous avons peur de la nuit. Nous avons peur de ce que nous connaissons et de ce que nous ignorons. Nous avons peur d’aujourd’hui et de demain. Nous avons peur de la maladie et nous avons peur des médicaments. Nous avons peur de la beauté et nous avons peur de la laideur. Nous avons peur de nous-mêmes et nous avons peur de l’autre.
Nous réduisons ainsi la vie à une litanie muette qui bourdonne de regrets infinis et de desseins flétris.

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Retour vers le Futur (Back to Future)

L’Europe traverse une épreuve majeure.
Un nombre croissant d’eurosceptiques aura beau prétendre que l’Union Européenne usurpe son rôle et son identité, la construction européenne, depuis que ses bases ont été posées, est un édifice réel et dynamique.
Il ne lui a fallu que quelques dizaines d’années pour s’affirmer, pour s’ouvrir et s’élargir, ainsi que sa nature, sa géographie et sa projection l’y portent.
Les empires immobiles ne sont pas immuables. Ils périssent, vaincus par les forces qu’eux mêmes génèrent en voulant se protéger et en lâchant la proie pour l’ombre. Lire la suite

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De la nature d’une parole forte en politique ou ailleurs

Qu’est-ce qu’une histoire humaine sinon la succession de paroles suffisamment fortes et incidentes pour redonner vie à une nation au prix d’en briser le statu quo et cela afin de reforger la clé, devenue inopérante, de son destin. Les événements qui ont marqué au fer rouge de la terreur la nation française au cours de ce mois de janvier, sont de nature à provoquer ce qui semble être attendu par un peuple qui se morfond dans une histoire commune qu’il peine à revendiquer au-delà des postures fusionnelles. Lire la suite

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Bien dire ensemble en complément du bien vivre ensemble

Je constate que la plupart des esprits s’abandonnent souvent, en prétendant s’y opposer, à la force qui a été engagée par les terroristes et ce faisant nous leur accordons, plus que nous devrions le faire, le choix des armes et de leur escalade.
Ceux qui sont à l’origine de la perversité qui nous a touché depuis quelques jours comptent sur les mots, les scissions, qui sont ainsi auto-alimentées, et dont la déflagration se poursuit dans les échos de la dégringolade du sens, comme une pierre ricochant dans sa descente au fond d’un insondable gouffre. Toute parole vaut, aussi, par ce qu’elle entraîne par devers elle. Bientôt, vous verrez – et si ce n’est lui c’est donc son frère – certains exigeront que soit supprimé, au nom de Charlie, le porc aux cantines des écoles républicaines pour lutter efficacement contre le terrorisme. Lire la suite

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Vous avez dit crise de la représentation?

Nous vivons incontestablement une grave crise de la représentation, mais elle n’est peut-être pas là, notamment au coeur de la Ve République, où trop de nos compatriotes se délectent de la situer et où d’autres désignent qu’elle est.
Ce que porte en elle une aussi longue crise de la représentation que celle que notre pays traverse, c’est la difficulté à se reconnaître dans le fonctionnement des institutions, dans la représentation politique, dans sa propre culture, et, au bout de ce phénomène, dans la République.Cela nous place dans une gigantesque confusion où nous sommes collectivement englués et cette confusion est devenue le guide que nous chérissons. C’est par elle que nous en sommes à considérer que la solution à notre trouble est de réaliser en quelque sorte un parlement à notre image, en terme de parités, d’équilibre des forces, et d’illusions, comme si, la représentativité était assurée par une simple et mensongère tentative de réplication permanente, dans le grand manège de nos avatars médiatiques.
On sait que cette course ne satisfera ni personne ni le but que nous assignons d’abord aux institutions, celui – même si nous sommes prés de l’oublier – de nous dépasser afin que, justement, nous puissions nous y reconnaître et nous y ressourcer.Si l’on admet qu’il y ait une crise de la représentativité, il est possible d’aller au delà du miroir, de le traverser, et d’aller à la première des institutions. Il me semble, alors, que cette difficulté se trouve toute entière dans le fait que nous ne nous reconnaissons pas dans l’argent autant que nous devrions pouvoir le faire.Certes, nous l’aimons, nous le désirons, nous le haïssons parfois, mais nous n’avons pas avec lui, avec ce qu’il représente, un rapport aussi sain et équilibré qu’il devrait l’être. Lire la suite

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Si elle était une comptabilité, notre République ne serait pas sincère

Il y a d’innombrables façons de faire de la politique. La mienne reste, et elle ne peut être, que modeste.
Elle est modeste mais elle est ferme, car elle repose sur le droit de croire en la qualité du citoyen à qui est due l’excellence de ce qu’il est lui-même uni aux autres, et de ce qu’il est lui-même pour lui-même et au sein de sa famille. L’instruction, qu’elle soit publique ou qu’elle ne le soit pas, la qualité générale du débat public et de l’information, inscrivent chacun dans un rôle qui est inséparable d’une éthique commune. Celle-ci doit regarder, in fine, le service de la nation. On devrait le souhaiter irréprochable et désintéressé, du point de vue des idéologies. Lire la suite

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République anti-cyclone

Ce que je dirais aux futurs candidats à la présidence de la République, si je pouvais m’adresser à eux, c’est qu’il est urgent de les voir s’entendre sur la manière de rendre, le moment venu, le meilleur service possible à la Nation et au peuple français.

Cela suppose de trouver le chemin exact, dans la géographie turbulente et complexe de nos passions politiciennes, qui mène au peuple, qui mène à sa réalité fondamentale. Elle n’est ni définie ni résolue par les équations partisanes auxquelles le peuple a fini par être réduit au point de ne plus pouvoir se reconnaître autrement que par elles.

Il est temps d’engager nos compatriotes dans un travail d’éclaircissement qui leur permette de reformuler ce qu’est leur identité, leur volonté, ce qui les fait, comment et pourquoi, Français dans notre patrie, dans l’Europe et dans le Monde.

Ce qui est gravé au fronton des mairies, des édifices publics, s’efface, subit tags et graffitis et les outrages du temps.
Acceptons-nous de les voir disparaître ou est-il temps de contribuer à la renaissance de nos valeurs?
D’autres, moins scrupuleux que nous le sommes et pouvons l’être, se proposent de le faire.
Ils se réjouissent déjà des perspectives que notre apparente impuissance à retourner la situation leur assure.

La solution aux crises diverses que nous traversons, c’est nous, le peuple, qui la détenons. Dans notre diversité et notre complémentarité. La République réside dans la complémentarité, pas dans le jeu perpétuel des antagonismes auquel il est si tentant de céder et qu’il faut proscrire aujourd’hui.

La Politique a été inexorablement abîmée au cours des années et est devenue, alors qu’elle devait être l’outil de notre discernement, de la qualité de notre délibération, celui de divisions et subdivisions infinies, ayant pour juge de paix la démocratie indifférente, elle, et les sondages intéressés.
Que croissant soit le nombre de ceux à vouloir que la démocratie soit directe est le signe de cet affaissement.
Toute cette précipitation politico-médiatique nous procure l’illusion de nous retrouver quand elle ne fait que nous perdre et de nous attacher à notre perdition.

Entraînons nos compatriotes hors du brouillard. La République a la puissance utile, avec l’ensemble des principes et du sens qu’elle porte en elle, avec ses voeux ténus qui encore vacillent dans l’obscurité, d’un anti-cyclone capable de lever la dépression qui pèse sur nous et ne semble pas vouloir nous lâcher.

Les crises qui sont les nôtres dénaturent et affaiblissent la volonté du peuple au point qu’il est désormais possible qu’il renonce à être et demeurer un peuple honorable, vaillant et franc, confiant dans ses élites, dans ses patrons, dans son avenir, pour n’être que celui de la défiance permanente.

Des gages, de la vertu, il en faudra. Pour emporter l’adhésion d’un peuple qui s’est senti, à raison souvent, à tort parfois, trahi par ses responsables et ses clercs, il faut un objectif clair et précis, un rendez-vous avec soi qui permette à chacun de s’y reconnaître.

Il faudra compter sur des élites intellectuelles, politiques, des chevilles ouvrières, des acteurs nouveaux, de dignes animateurs et protecteurs du débat national, pour rendre possible cela et transcender les dialectiques stériles, qu’elles soient des politiques ou des corps intermédiaires, qui n’ont joué le jeu, depuis des décennies, que de leur intérêt, et de leur influence sur parties du peuple.

La République a eu le tort de leur accorder le droit de fragmenter, pour un bénéfice que nous n’avons pas eu, l’unité nationale.

Juillet 2016 – les symptômes que j’avais alors identifié ne sont pas levés, mais les papillons du renouveau battent des ailes.

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Alstom, Très Grandes Vanités

Tout le monde, quasiment, tombe à bras raccourcis sur le gouvernement pour avoir anticipé un carnet de commandes pour sauver le site d’Alstom Belfort.
C’est oublier, un peu vite et à bon compte, combien cette décision est une co-production politique, médiatique et sociale, à laquelle quasiment tous ceux qui ont beau jeu de la dénoncer désormais ont contribué.
Sur fond de présidentielle, la dramatisation est allée bon train sur le sort d’Alstom, censé démontrer l’impuissance de l’Etat à défendre l’industrie française.
En apportant un volume de commandes de 15 TGV pour un montant de 700 M€, l’Etat a fait le job que tous lui demandaient de faire pour se le faire reprocher ensuite sur divers modes.
C’est injuste. Lire la suite

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Poutine suspend un accord sur les stocks de plutonium militaire

Vladimir Poutine a signé ce lundi 3 octobre un décret suspendant un accord signé en 2000 et amendé en 2010 avec les Etats-Unis. Ce décret portait sur la limitation des stocks de plutonium destinés à la fabrication d’armes nucléaires et prévoyait alors que chaque camp devait éliminer 34 tonnes de plutonium. Selon Hilary Clinton, secrétaire d’Etat au moment de la signature de l’accord, dit du PMDA (Plutonium Management and Disposition Agreement),  les quantités disponibles étaient suffisantes cependant pour équiper 17000 armes nucléaires. [Source Tribune de Genève]

Vladimir Poutine ne considère apparemment pas, ou veut nous le faire croire, ce volume suffisant.
Le décret présidentiel souligne dans son préambule que cette décision est justifiée par « l’émergence d’une menace sur la stabilité stratégique, résultat d’initiatives inamicales de la part des Etats-Unis d’Amérique à l’égard de la Fédération de Russie ».

La Glasnost, avec sa succession continue de gestes bilatéraux pour le désarmement nucléaire, semble désormais a des années-lumières. En fait de transparence mutuelle, c’est à un jeu d’ombres périlleux que la Russie nous condamne en se posant, en permanence, dans un statut de victime.

Un statut de victime d’un impérialisme qui serait placée par conséquent dans la situation légitime de pouvoir défendre ses intérêts face aux Etats-Unis qu’elle avait placé, dans sa stratégie de sécurité nationale, en 2015, au rang des menaces. Tout comme l’OTAN, désignée en permanence comme l’ennemi qui créé la tension.

« La Fédération de Russie, en conduisant sa politique intérieure et étrangère de manière indépendante, entre en conflit avec les Etats-Unis et ses alliés, qui cherchent à maintenir leur domination dans les affaires internationales. », était-il écrit dans le marbre de la doctrine de sécurité nationale.

Un an après, un cran supplémentaire est enclenché. Poutine s’enferre sur l’Ukraine. Poutine s’enferre sur la Syrie. Et il s’enferre même s’agissant des conclusions de l’enquête sur la destruction, le 17 juillet 2014, de l’avion de Malaysian Airlines et de la mort de ses 298 passagers et membres d’équipage.

Il faut que craindre que la décision du Kremlin sur le nucléaire militaire marque un tournant  en terme de sécurité collective. Il dépasse la notion de la reprise de guerre froide et les questions de défense purement stratégique, aucun des dispositifs ne pouvant être pris au dépourvu.

Mais un de ses impacts non négligeables, au moment où la communauté internationale éprouve tant de difficultés à obtenir de la Corée du Nord, voire de l’Iran, du Pakistan ou de l’Inde, l’abandon de toute prétention en matière de prolifération nucléaire, tient au fait qu’un membre du Conseil de Sécurité de l’ONU s’affranchit des accords qu’il a lui-même signé alors qu’il dispose, à n’en pas douter, d’un potentiel de dissuasion suffisant et d’un droit de véto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour se faire respecter, s’il ne s’agissait que de cela.

C’est plus qu’un accroc, c’est une porte ouverte sur l’inconnu avec la perspective, au bout des manoeuvres d’intimidation auquel concourt ce nouvel acte, du retour et de l’extension potentielle du régime de la terreur nucléaire.

 

 

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Le référendum ou l’abolition de la raison des peuples

Rien ne ressemble plus à un référendum qu’un autre référendum. En Hongrie, Viktor Orban, le premier ministre hongrois, a pesé de tout son poids pour obtenir de la Hongrie un plébiscite fondé sur le rejet de l’accueil des réfugiés qu’au nom de la solidarité entre membres de l’UE l’Europe souhaite répartir en fonction des moyens de chaque État.

Il ne l’a pas obtenu.

Viktor Orban n’a pourtant pas ménagé sa monture « anti-migrants ». Pour déclencher cette machine infernale référendaire supposée consacrer, face aux institutions européennes, la voix du peuple comme source de légitimité absolue, Viktor Orban a fait du millier de réfugiés à relocaliser dans son pays, un enjeu de souveraineté.
Le Royaume-Uni est passé par ce chemin qui a abouti, sur l’exaltation cumulée des peurs et de la souveraineté, au Brexit. Lire la suite

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