Archives Mensuelles: juillet 2014

Fête nationale au goût amer

En ce 14 juillet 2014, je remercie mon pays de n’avoir pas créé les conditions économiques qui auraient permis à mon entreprise artisanale de survivre. Demain, va commencer le cauchemar de la liquidation. Après avoir travaillé comme des forcenés trois ans durant dans le cadre de l’entreprise d’électricité générale/climatisation créée en 2009, il faut se rendre à l’évidence: le secteur du BTP est déprimé dans notre département (11) et n’offre pas de conditions de viabilité à une entreprise.
Nous pensions qu’en redoublant d’activité, nous trouverions l’issue.
Depuis quelques mois, nous avons travaillé à perte. La valse des huissiers commence. Le bien nommé « Régime Social des Indépendants » nous met le coup de grâce.

Oui, je suis amer en ce jour de fête nationale. Je revendique cette amertume car elle est légitime.
-Pas de salaire depuis plusieurs mois, sinon des renflouements sporadiques.
-Un marché atone avec une concurrence qui contraint à s’aligner sur des prix trop bas sinon vous restez sans activité.
-Des frais financiers exorbitants ( + de 15000€ sur 18 mois)
-Mon épouse à qui j’ai fait le cadeau de mariage, en 2011, de la faire caution des prêts de la société
-Mon ouvrier dont je dois me séparer
-Et aucune perspective sinon celle des dettes et d’un sentiment de honte et de culpabilité vis à vis des tiers (fournisseurs, clients) qui seront lésés.

Comment survivre à cela (perte de dignité, détresse économique, inévitable perte de crédit, etc)), quand on n’aura aucun droit et que le seul patrimoine auquel on a voué son énergie est la société que vous avez créé et qu’elle vous entraîne comme une pierre au fond, mettant en péril votre couple.

Je suis fatigué physiquement. Je sors lessivé moralement. Et j’éprouve un sentiment d’injustice et d’impuissance, comme après s’être investi dans un combat qui était, compte tenu de la situation économique de notre pays, perdu d’avance.

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