La survie des uns passe par la précarité des autres

Faut-il que nous soyons indignes de tout égard dans l’économie française pour que notre situation suscite si peu de questionnement et de soutien des politiques. Quand il s’agit de jeter en pâture à l’opinion des controverses idéologiques et d’enfermer notre société dans ses passions, le pouvoir est là, talentueux.

Mais pour s’indigner du sort de nos entreprises, là, il n’y a personne, sinon les inflexibles préposés à la réaffirmation de nos obligations fiscales et sociales, et les thuriféraires du modèle social français. Que le niveau des prélèvements et charges soit ou pas en adéquation avec nos revenus et nos moyens est semble-t-il secondaire.

Dans le bâtiment, milieu que je connais pour y évoluer, c’est une spirale terrible qui entraîne les entreprises vers un dumping qui érode et gangrène tout. Nul n’y échappe.

Cela nous place aux antipodes d’une saine concurrence.

Il faut que le RSI, le législateur, comprennent et mesurent que les charges qui nous sont réclamées, en définitive, ce sont nos clients qui refusent de nous les payer en nous soumettant au joug d’une concurrence de plus en plus infernale.

Et celle-ci, elle ne s’est pas imposée et développée sans raison car il n’y a pas naturellement à mon sens volonté de nuire à l’autre, y compris du gros sur le petit, de l’agile sur le lourd.

Une économie saine est, en effet, une économie viable pour tous. Cela n’empêche pas qu’en son sein des entreprises prospèrent et que d’autres déclinent et meurent.

Notre économie n’est pas saine.
Elle n’est pas saine car elle n’est pas viable pour tous.
Le nombre des faillites et des redressement judiciaires, le niveau du chômage, témoignent de cela.

Dans un tel contexte, la survie des uns passe par l’appauvrissement et la précarité des autres. Et cela est contraire à l’intérêt des uns et des autres, ainsi qu’à l’intérêt de la collectivité.

Où sont ces points de rupture? Je crois qu’ils sont là où nous sommes, nous artisans ou petits commerçants.
Que se passe-t-il au bout de la chaîne, quand il convient de fournir et d’installer un appareil, ou encore de réaliser une installation.
Je m’explique: personnellement, dans le matériel et les outils que j’achète, je vois la partie matérielle et ceux que ce prix fait travailler et vivre, ce qu’il rémunère, etc.  Je n’ai rien contre.

Là où le bât blesse, c’est que lorsque, légitimement, nous y intégrons notre coût de revient, le financement de notre santé et de notre retraite, et notre marge, à laquelle il est naturel que nous prétendions, nous nous heurtons au refus du client final, du promoteur, de l’architecte, de financer tout ou partie de ce que nous, pourtant, nous finançons en amont au profit d’un ensemble de producteurs, de transporteurs et d’intermédiaires.

Ce n’est évidemment pas un refus explicite. C’est la négation implicite de nos droits puisque le prix tel qu’il doit être est tenu pour excessif.

A tout le moins, on devrait voir nos politiques s’emparer de ces situations et investiguer, pour comprendre comment et pourquoi nous en sommes là. Les syndicats et tous nos corps intermédiaires devraient relayer cette réalité car ce n’est pas parce qu’elle est infiniment complexe qu’il faut abdiquer devant elle.

Au contraire, restaurer la viabilité de l’économie est notre défi à relever.
Il y va de l’avenir de notre nation, des actifs et des inactifs.
Il y va du renouveau de la République.

Si nous acceptons le fait, souhaitable, qu’aucune grande guerre ne viendra faire par les morts des champs de bataille et la destruction, ce travail à notre place, alors c’est à cela qu’il faut s’atteler.

Cela suppose acuité et courage.

Pour conclure, cela mobiliserait des énergies qui sont actuellement perdues et gâchées pour notre pays.

Cela sonnera le glas de tous les gourous, manipulateurs, qui entraînent une partie de la jeunesse, ne trouvant pas ou plus sens ici, à décider de donner leur vie pour d’improbables djihads ou des luttes qui ne donnent à manger à personne.

Bien à vous.

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