Un chemin à l’envers de l’Humanité

Même si constamment on nous demande de l’être, nous n’avons plus le droit d’être désinvoltes. Nous voyons tous les jours où nous a mené sur tant d’autres sujets notre désinvolture.

Le droit à l’euthanasie qui s’invite actuellement au parlement n’est pas un sujet de la démocratie. Si nous cédons aux injonctions répétées que nous procure l’actualité, pour nous engager dans cette voie, nous formerons au-delà d’un précédent juridique un précédent anthropologique.

Il sera difficile à assumer.

La gauche qui n’a jamais renoncé à stimuler notre besoin de droits individuels nous amène ici à une sorte de point ultime qui est aussi celui qui nous abaisse le plus, voulant faire de nous le consommateur satisfait du droit de mourir dans la dignité.

Il convient, parfois, de se méfier des mots, des évidences auxquelles ils nous invitent, du piège invisible dans lequel ils nous enferment.

Si les situations individuelles qui sont à l’origine de ce mouvement font écho à des douleurs auxquelles on ne peut que compatir, nous dévaluerions la valeur de la vie au rang d’un état qu’il est possible d’éteindre pour confort personnel.

Qu’il y ait un penchant si grand pour incliner une majorité d’entre nous à signer cela comme étant ce qu’ils acceptent et souhaitent en dit long sur le chemin à l’envers de l’humanité que nous avons fait.

Si elles nous regardaient, les tribus aborigènes dont nous nous sentons supérieurs, nous trouveraient fort peu respectueuses de nos anciens et de nos malades en considérant que nous ne faisons jamais qu’un pas de plus, le plus hypocrite, dans l’acceptation de l’abandon d’un élément qui fonde l’universalité de la civilisation humaine.

En prétendant nous conférer ce droit à une mort digne sous une forme, on nous en dépossède sous une autre forme, qui est celle que nous avons depuis que nous avons conscience de la souffrance, de la mort, du deuil, et qui fait que nous savons entourer et soulager ceux qui souffrent.

Que nous en soyons à un tel débat, auquel la magistrature a cru bon de se laisser entraîner, est éloquent sur l’état d’égarement de notre civilisation qui renverse ses totems et aboli ses tabous.

Une humanité sans Histoire, avec consommation de droits.
Rêvons bien.

Bien à vous.

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