Merci, Mme Merkel

Les dérapages oratoires de Jean-Luc Mélenchon et de quelques autres élus et responsables politiques, exhortant la chancelière allemande « à la fermer » ou l’assimilant à une surveillante générale sont indignes de la France, mais ils sont symptomatiques des fièvres qui s’emparent progressivement de l’homme malade de l’Europe.

On ne va pas faire la comparaison entre la situation de la France et celle de notre voisin Allemand. Elle serait, nos concitoyens en sont conscients, cruelle.

Car si tout n’est pas parfait outre-Rhin, si peu de choses le sont chez nous que s’inspirer du modèle et de la tempérance allemands, comme l’a suggéré notre récent Prix Nobel d’Economie, M. Tirolle, ne serait pas inutile.

Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Hollande, et dès sa campagne présidentielle, on assiste au réveil d’un sentiment germanophobe, qui s’ajoute et se mélange à tous les autres relents d’antisémitisme, d’islamophobie, de xénophobies diverses et variées, matinées par un fond d’anticapitalisme et d’anti-américanisme.

Il y a un risque que l’image de la France finisse par se confondre avec cette somme de ressentiments qui installent nos compatriotes dans une sorte de syndrome de victimisation. Si tant de choses, à commencer par notre destin, semblent nous échapper, c’est la faute de la mondialisation, la faute aux financiers, c’est la faute au trop ou pas assez d’Europe, la faute à l’Allemagne, fâcheusement orthodoxe avec l’économie et moins sensible que nous aux lubies.

En définitive, si nous n’allons pas bien, c’est la faute de tout le monde, mais ce n’est pas la nôtre.
Le problème, et il est de taille, c’est que nos défaillances à rejoindre les limites du déficit, entraînent des conséquences qui vont au delà de notre seul intérêt. Elles affectent nos partenaires, affaiblissent l’union européenne, l’exposent à des incertitudes susceptibles de compromettre son avenir, et, à ce titre, les paroles de Mme Merkel, ont une légitimité qui va au-delà d’une interprétation qui serait limitée, dit-on, à des effets de manche sur le congrès de la CDU qui l’a plébiscitée.

Il faudrait des excuses du chef de l’Etat pour les mots déplacés des membres du parti de sa majorité ou de la gauche car avant de se heurter à ce qu’on présume être la réalité, M. le président de la République a lui-même alimenté ce penchant.

M. Macron et Sapin ont une tâche de ce côté qui est ingrate mais nécessaire.
Ils n’ont pas hélas de majorité pour étayer leur action qui est à considérer au mouvement des plaques tectoniques économiques qui fait de la Chine le rival direct des Etats-Unis et de notre continent, avec la Russie égarée dans sa nostalgie d’un impérialisme territorial révolu qui la hasarde dans des déstabilisations périlleuses pour tous, un sous-continent.

L’Europe, elle, ergote sur ce qu’elle est, avec qui, comment, selon quelles frontières, et la France, elle, n’a jamais demandé que des eurobonds pour soigner ses maux qu’elle ne peut plus soigner par le recours systématique au déficit, pas davantage par les impôts, ni par la croissance mondiale.

Par ailleurs, et en laissant scrupuleusement à César ce qui lui incombe, je rejoindrai le paradigme entrouvert par le souverain pontifical. lors de son discours à Strasbourg.

Dieu sait qu’il y a pour nous, peuple d’Europe, de belles choses à faire.

Elles nous obligent plus qu’elles nous exonèrent des vraies réformes à réaliser.

Nul ne peut feindre de le découvrir.

Je dis « merci » d’avoir parlé, Mme Merkel.

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