Lettre à n’importe qui

Il faudra peut-être écrire un jour une lettre à n’importe qui.

On sait ce qu’il advient des lettres pour tous. Elles tombent parfois entre de mauvaises mains.
Une lettre à n’importe qui peut éviter, si elle bénéficie d’un peu de chance, ce travers.
Mais que contiendrait-elle?

Je revendique, ne fût-ce qu’ici, d’avoir fait plus pour mon pays, que beaucoup. J’ai manié autre chose que des mots, une langue.
Ce n’est pas faute d’avoir porté ma parole et de m’être signalé.
Ce que je pouvais faire de par mon côté, je l’ai fait.

Cet exercice constitue, par conséquent, à mes yeux une authentique, éminente peut-être, histoire de démocratie.
La démocratie consacre, de par son essence, le droit de quiconque accomplit cet effort de parole, de porter et hisser sa justification au niveau où, par elle-même, sa parole se place.
Je concède un travers: je ne doute de rien.

Mon propos a satisfait, je le crois, à l’ambition que je lui ai assigné car tout tient, dans le monde, à la conscience interrogée d’un homme (d’une femme).
La conscience individuelle est le plus sûr instructeur de la raison. Nous ne la sollicitons plus guère. Nous juxtaposons des opinions.
C’est la limite de la politique actuelle et ce qui creuse le déficit criant de notre moderne civilisation, association qui s’ apparente à un lourd oxymore.

Mon regret, qu’il ait conservé le caractère de ce qui, au delà d’un cercle de fidèles que je remercie, est resté inaudible.

Il y a bien longtemps, en 1996, j’ai pris ma responsabilité, et ce au prix de plus d’un renoncement, vis à vis de cette nation, en âme et conscience, et entamé un long voyage qui m’a mené à ce point où mon propos d’homme libre se referme.

Il m’a fallu soutenir le regard d’une médecin venu sonder ma santé mentale et interroger le praticien qu’il était sur la conclusion à laquelle il se rendrait si toutes les cellules cancéreuses d’un corps accusaient celle qui est saine d’être en fait celle qui est malade.
Je pourrais répéter, encore, cette question.

C’est donc a-propos et en toute lucidité que je m’apprête à demander, pour exiger le jugement cohérent de la nation à mon endroit, la déchéance de ma citoyenneté.

Elle m’est niée quant toute ma vertu l’exprime.
Elle doit m’être retirée quand celle-ci s’ y est vainement épuisée.

Si je déblatére, j’entends qu’il me soit dit: vous déblatérez, monsieur.
Si je ne déblatére pas, dans la même mesure, j’entends qu’il me soit dit: vous ne déblatérez pas, monsieur.

Ainsi devrait aller la démocratie.

Cela ne devrait pas arriver à la France, nation qui se proclame si éminemment politique.

Ah, il n’y a plus rien en France sur quoi on peut compter.

Bien à vous.

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