Agonie de la démocratie

Le seul enseignement que l’on peut tirer du premier tour de l’élection législative de la législative partielle de la 4e circonscription du Doubs se rapporte à l’agonie démocratique. Avec un taux de participation inférieur à 40%, je ne suis pas convaincu que tirer les marrons d’un feu réduit à quelques braises sous la cendre, ainsi que le front national le fait, puisse justifier une quelconque satisfaction.

Un peu moins de 7500 personnes sur un corps électoral de 67000 personnes ont placé la candidate frontiste en tête et si celle-ci s’honore, malgré tout, que la mobilisation de son camp lui a profité, tandis que le PS et l’UMP peuvent déplorer que la démobilisation les a frappé, le fait marquant est que les discours politiques peinent à entraîner, et à développer une dynamique à laquelle une majorité de citoyens accepteraient d’adhérer.

La prime électorale ne va plus au sortant, au plus sérieux, au constructif.
Elle va à celui ou celle qui développe le discours le plus outrageant, outrageant pour les hommes (M. Philippot, secrétaire général du FN, présente avec une perfidie désolante ses condoléances au patron de l’UMP pour la défaite de son candidat et la défaite de l’équipe du Qatar) comme envers la vérité et la raison.

Au second tour de cette élection qui voit le candidat de la droite républicaine éliminé, il y aura une candidate qui a bâti sa campagne sur un discours désinhibé contre le “péril islamique” et d’autre part, la dénonciation familière de « l’UMPS », d’une “Europe ultra-libérale et de la mondialisation”, responsable de la désindustrialisation de ce bassin et, face à elle, le candidat PS qui est loin d’avoir été porté par le souffle de l’esprit du 11 janvier, représentant d’un mouvement qui annonce qu’il y a « un apartheid » en France et, dont nombre de ses électeurs et responsables se rangent aux côtés de Syriza qu’il faudrait récompenser – avant de récompenser la France, peut-être – de son impéritie, ce qui forcément n’est pas de nature à flatter et encourager les nations qui s’astreignent, pour remonter la pente ou converger, aux sérieux budgétaire et doctrinal.

Il est évident que la France marche sur la tête. Et, sans trop d’imagination, on peut concevoir que, adoptant ce type de déplacement, inférieur à ce qu’il peut être s’appuyant sur deux pieds, elle ne pourra pas aller bien loin.

Le citoyens doivent rester libres, il me semble, de voter ou pas dimanche prochain selon leur conscience car certains processus, pour s’épuiser, méritent parfois d’aller au bout de ce qu’ils portent.
Que veut dire un front républicain s’il n’est qu’une tenture pour masquer, chaque fois qu’elle éclate au jour, l’agonie de notre système démocratique et l’amplitude croissante des non sens qui s’emparent de lui?

Il faut à l’UMP, parti de tradition gaulliste*, fondé sur une certaine idée de l’Homme qui fait une certaine idée de la France, gravir la montagne de la cohérence par sa face la plus abrupte, celle qui regarde exactement la réalité de l’Europe, du monde et la place de la France dans ce réel.
Il y aura des vérités désagréables à entendre pour nos compatriotes, ce qui n’exclut pas, pour les ténors de l’actuelle opposition, quelques actes de contrition qui grandiraient plus qu’ils ne diminueraient.
Il est nécessaire qu’elles soient dites et à ma place, je n’ai pas manqué, sans être exhaustif, de le faire pour quelques unes.

C’est sans doute ce qui fait défaut le plus au Politique aujourd’hui et qui entraîne le peuple dans une lassitude profonde qui profite aux extrêmes et témoigne de l’agonie de la démocratie, conduisant à un résultat inéluctable: l’impuissance de la République, car elle se nourrit de vertu, de raison, de vérité, et d’ambition.
Son autorité s’établit par ce qu’elle est quand elle exécute cela.
Selon ce à quoi on obtient qu’une nation se met au service, on obtient des résultats, en terme de civilisation, ainsi que des fruits et mérites, différents.
Je constate, dans la conversation nationale, comment on disqualifie, aujourd’hui, quelqu’un qui a un point de vue plus élevé en se justifiant d’un point de vue moins élevé.
C’est un vrai mystère, car une civilisation se construit et se maintient, selon moi, autour des points de vue et de sensibilité les plus élevés.

Bien à vous.

*Le Front national, héritier d’un anti-gaullisme longtemps revendiqué, fait une opa sur les valeurs du Gaullisme – comme sur tant d’autres censées le moderniser et le banaliser – qu’il assimile à une résistance aux forces étrangères. De Gaulle est celui qui sur la place du Forum à Alger a dit « Je vous ai compris » parce qu’il comprenait cette foule dans la complexité et la tragédie de cette histoire, et il est aussi celui qui attache le destin de la France à celui de l’Allemagne, pour fonder l’origine de la construction européenne.
Il ne niait pas l’histoire, il l’écrivait.

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