Ce ne sont pas les exclus qui pèsent sur le système mais c’est le système qui pèse sur eux

Malgré les aides publiques lourdes et une mobilisation médiatique, qui a permis de rassembler via une souscription sur facebook 350000 € en leur faveur, les Atelières qui rassemblaient des anciennes ouvrières de Lejaby, l’aventure s’est terminée cette semaine avec la liquidation judiciaire de la coopérative d’intérêt collectif.

Les incantations sur le redressement productif et la préférence nationale en matière de consommation, tout comme sur le savoir-faire spécifique de ces petites mains, fleuron de la haute-couture, n’ont pas suffi à faire vivre cette entreprise au delà d’un sursis de quelques mois.

Etre à la tête d’une entreprise aujourd’hui en France, c’est, un peu comme Roméo et Juliette, être confronté à des cieux contraires dont la puissance néfaste s’accroît au fur et à mesure que la vitalité des amoureux s’amenuise.

On peut déplorer, comme le font celles qui, avec courage, ont tenté de refonder et faire vivre l’entreprise, les carences bancaires. Pourtant, les causes sont plus profondes et contradictoires.

Il est nécessaire de raisonner désormais les réformes nécessaires à notre économie davantage à partir la situation d’échec de toutes ces entreprises acculées à la faillite dont celle des Atelières n’est qu’une illustration, que par ce qui marche et valide, de manière de plus en plus mensongère, un modèle socio-économique désastreux auquel la nation s’accroche comme à une bouée de sauvetage, pour ceux qui parviennent à s’y accrocher et à se justifier par lui comme lui se justifie par eux.

Mais ce n’est pas la bouée qui importe, ni les chaloupes. Ce qui compte, c’est la façon dont le bateau prend l’eau et coule, ce par quoi il est alourdi démesurément, et l’attitude de ceux qui ne l’ont pas quitté et continuent à écoper.
Il y a tant de gens qui le font.
On peut mettre en accusation la mer ou un iceberg. Mais c’est la gouvernance du bateau qui est en cause.

Il est nécessaire de rendre à l’entreprise ce qui lui revient et de l’alléger de ce qui appartient à la nation.
L’entreprise est là pour créer de la richesse, non pour financer le modèle social de la France.
C’est ce qu’elle fait aujourd’hui et il n’est plus possible de se dégager de la réalité en accusant les exclus de peser sur le système quand c’est le système qui pèse, directement et indirectement, d’un poids inacceptable sur les exclus pour faire d’eux ce qu’ils sont, obligeant les plus dynamiques de ceux à qui n’est pas accordé la place qu’ils méritent à quitter notre pays.

Ce modèle est au bout et si nous n’avions pas le privilège, car c’en est un, de disposer, au sein du CAC40, d’entreprises qui comptent parmi les plus performantes du monde, il y a belle lurette que notre modèle, auquel est attaché le coûteux système politico-médiatique et syndical qui lui attaché, serait à terre.

Il faudrait avoir le courage de revenir à des préceptes simples et efficaces. Il faudrait avoir le courage de briser le regard de la gorgone politico-syndicale qui nous pétrifie car des entreprises libérées de ces charges généreraient plus de profit, et même à assiette fiscale réduite, elles contribueraient davantage au bien commun.

Il faut revenir à la réalité d’une économie
rendue à ses fonctions et ses nécessités

La santé, de ce point de vue, est un droit qui devrait être garanti à chaque citoyen. Assurer la santé des siens est une mission régalienne de l’Etat.

Pourquoi le maintenir, comme ce qui est relatif au soutien d’une politique familiale, à la charge de l’entreprise?
Parce qu’elle a bon dos, peut-être et, qu’idéologiquement, cela permet de fixer les débats et positions idéologiques dont les Français savent ou pressentent que le temps est venu, dans leur propre intérêt, de les dépasser.

Les dépasser, ce n’est pas seulement transférer les charges et la fiscalité, jeu auquel notre nation s’adonne parfois pour que tout change sans que rien ne change et, à l’expérience, pour que tout s’aggrave.
La France doit réussir une mutation vitale de son modèle frappé d’inertie.
L’Etat doit maigrir. Le coût du système de la santé, mammouth imposant, comme l’Education nationale, qu’il faut dégraisser en améliorant son efficacité et en le désolidarisant, sujet qui mérite vraisemblablement d’être soumis à une expertise lucide, du complexe commercial et industriel – communal, parfois – qui vit dessus, accorde ses prébendes, et en accroît le coût supporté par la Nation.

Ces actions, si elles étaient entreprises et menées à terme avec discipline, permettraient à efficacité constante voire supérieure, de remettre le système en mouvement, à le sortir de la perversité pour lui faire gagner en vertu ce qui n’est pas indifférent à l’implication de tous ceux, médecins, infirmières, personnels soignants, qui y triment en ayant le sentiment d’être, comme tant sur le navire France, débordés de tous côtés.

Ces dérives et inerties sont typiques de notre Nation. J’ai bien peur que ce que nous revendiquons comme notre modèle social, c’est cette construction devenue la somme de ces excroissances empiriques.
Elle ne mérite pas une révolution, même de type national telle que la préfigure le Front national, dont il est à craindre qu’elle ne serait si on s’avisait de la suivre qu’un subterfuge supplémentaire pour perpétuer les fuites en avant.

Il faut juste revenir, ce qui prendra du temps, à la réalité d’une économie rendue à ses fonctions et ses nécessités.
Sur ces points là, il faudra une majorité efficace et utile se construisant peut-être dès la loi Macron pour être telle qu’elle doit être demain, une confluence nationale.
Elle a fait apparaître, au moment du vote à l’Assemblée, tout le caractère hétéroclite de la majorité socialiste incapable d’amorcer par elle-même, sur un si modeste et amendé pas en avant dans le bon sens, ce mouvement.

La tragédie française apparaît avec cruauté dans les mésaventures de M. Emmanuel Macron trahi par une majorité parlementaire qui n’existe pas dans son camp alors qu’elle est probable, sinon certaine, dans le pays réel et qu’elle appelle, peut-être, à mettre ses pas dans de plus grands pas.

Je suis conscient, bien sûr, que je n’ai pas la charge, pas davantage qu’un autre citoyen, du bon fonctionnement de nos institutions, mais pourquoi donc, quand je le regarde, cela me regarde comme si j’avais quelque chose à y voir.

Cela tient-il, de quelque manière que ce soit, à la démocratie?

Je m’étonne toujours que nous soyons si peu nombreux à élever, non pas en cris et fureur, ni en unités de bruit médiatique ou en nombre de décibels, notre voix.

Bien à vous.

Publicités
Tagué ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :