Quid des dettes en Euro si on revient à l’Euro-Franc?

S’agissant d’une sortie de l’Euro, réclamée par le Front national et les souverainistes de tout poil prônant le retour à des monnaies nationales, telles que le « L’euro-franc ».

Le processus de conversion initial qui a fixé les parités d’entrée à la monnaie commune a permis de fixer la parité franc/euro à 6.559 F pour un euro.

Dans le cas, plus qu’hypothétique compte tenu de la déflagration monétaire qu’il engendrerait, d’une sortie de l’euro, plusieurs questions se posent sur le plan macroéconomique.

Mais, pour rester au niveau prosaïque de l’intérêt des simples citoyens – ce qui n’entraîne pas que la macro-économie ne les affecterait pas tout autant – il serait utile de s’arrêter sur la situation de leurs créances.

Qu’il s’agisse en effet de créances de particuliers ou d’entreprises, je crois savoir que les crédits ont été souscrit en euro, et pas en « Euro-Franc » *.
Ces crédits, par conséquent, souscrits auprès des établissements bancaires sont remboursés en euros.

Si la France reprenait sa souveraineté monétaire et créait sur son territoire une devise « Euro-Franc », nous ne serions assuré et ce ne serait pas d’ailleurs l’objectif, de conserver la parité initiale (6,569F/€) établie à l’entrée de l’euro.
L’objectif politique est, on l’a compris, de gagner en compétitivité par rapport à un euro jugé trop fort.
Une nouvelle parité prendrait en compte très vraisemblablement la réalité économique de notre pays. Sans être en aucune manière un expert, il me semble que cette parité de sortie serait calculée à partir de l’évolution de notre PIB, de notre commerce extérieur, de notre dette, des notations des agences spécialisées fussent-elles objet de polémique, etc.

Il est donc très probable que le franc serait probablement dégradé par rapport à l’euro, sans doute au delà de notre voeu, et nous nous trouverions par conséquent, et de toute façon, à devoir payer plus de francs pour un euro.

Dans ce cas, la question qui se pose est celle des dettes personnelles, celles des entreprises, celles de l’Etat, qui ont été établies en euro.
Il me semble que la dette en francs se verrait alourdie dès lors de manière importante car le différentiel constitue une créance objective que les créanciers, seuls probablement, auront à supporter.

Je veux bien qu’on me contredise et qu’on me fournisse des arguments pour expliquer comment 5, 10 ou 15% d’une dette contractée dans un système de parité disparaîtraient à la faveur d’un retrait de ce même système.
La Grèce peut faire un excellent cobaye pour cet exercice de laboratoire.
Qui pour l’y encourager dans ce sens plutôt que dans celui, certes ardu, mais encadré et maintenu en perspective, d’un maintien dans la zone Euro?

A noter qu’interrogée sur cette hypothèse particulière, la BCE nous a transmis la réponse suivante:

L’irrévocabilité de l’appartenance à la zone euro est une partie intégrante du cadre du traité et est exprimée en vertu de l’article 140 (3) du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Sur cette base, l’adoption de l’euro est une étape irréversible et aucun changement de monnaie dans l’un des pays de la zone euro est prévu. En tant que gardienne des traités de l’UE, la Commission respecte pleinement ce principe et donc ne délivre pas des scénarios théoriques interrogeant l’appartenance à la zone euro.

Bien à vous.

*Que vaudraient respectivement dans un tel scénario l’euro-drachme, l’euro-lire, l’euro-peseta, l’euro-mark, etc?

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