Le diable se cultive en Monsanto

Paul Stamets, expert en mycologie, est devenu, bien avant que ses travaux aient abouti à des résultats fiables et avérés, une figure de proue pour tous ceux qui combattent Monsanto et, à travers cette entreprise et ses hommes diabolisés comme peu d’entreprises et leurs collaborateurs ont pu l’être, une vision de l’agriculture qui concentre deux aspects du mal. J’ai déjà été sollicité sur mon réseau social préféré pour propager l’information.

Monsanto, c’est l’alliance d’oncle Picsou et du docteur Folamour. Un symbole qu’il faut déraciner, une effigie qu’il faut brûler et qui fait de nous pas grand chose de plus que les foules manipulées qui brûlent l’effigie du président des Etats-Unis sur claquement des doigts de mollahs iraniens ou téléguidés par quelques fanatiques d’Al-Qaida, de daech ou de quelques autres groupes experts en manipulations.

Paul Stamets prétend donc avoir inventé le moyen, grâce à ses micro-champignons capables de détruire les insectes parasitaires, de mettre fin au règne des multinationales, qui travaillent sur les OGM et les pesticides. On le lui souhaite et on le souhaite pour l’humanité si tel devait être l’effet concret et incontestable de ses recherches.
Il a déposé des brevets en 2006 pour défendre son invention. On ne le lui conteste pas, quand on conteste, cependant, à Monsanto de faire valoir ses droits sur ces inventions…  Dans le cas de Stamets, c’est légitime, dans le cas de Monsanto, qui doit rétribuer ses chercheurs, ses investissements en recherche, c’est une appropriation abusive.
On notera cependant, pour ramener les choses à leur justes proportions que cette entreprise globale, fantasmée comme une pieuvre tentaculaire, a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars. Il est important mais  à comparer au CA des secteurs agricoles des 66 pays où elle a une activité et aux 21000 salariés qu’elle compte. Alors, pourquoi tant de haine et d’activisme à son encontre?

L’enthousiasme précède la raison

Quand l’enthousiasme précède la raison, au point de faire perdre de vue les enjeux réels de la sécurité alimentaire pour s’arrêter aux sophismes, il est l’heure de s’alarmer et d’exercer sa critique à 360°. La sécurité alimentaire tient aux ressources elles-mêmes, à la stabilité de la production et à la stabilité des cours. Nous avons à l’alimentation, un rapport de nantis, peut-être revendiquons-nous celui d’esthètes.

Celles et ceux qui honnissent Monsanto aujourd’hui, en attribuant à cette firme la responsabilité de tous les maux de la terre, seront les premiers à déplorer les effets du prix des matières premières agricoles si le changement climatique avait des effets ravageurs sur les productions. Il est singulièrement paradoxal que ceux qui surinvestissent le « réchauffement climatique », attisent les peurs relatives à la montée des températures, sont souvent les mêmes qui stigmatisent la recherche OGM qui produit des plantes plus robustes, susceptibles de s’adapter aux modifications des sols et de l’environnement, comprenant la possible mutation des parasites. Si le niveau des mers augmente, cela signifie aussi une diminution des terres arables.
En 2007, sans atteindre les proportions qui seraient celles, peut-être, générées par une hausse des températures telles qu’annoncées, la crise du blé a fait des morts, certains de faim, d’autres victimes des émeutes de la faim, et déstabilisé des pays pauvres, sacrifiés au nom de nos assiettes de nantis.

L’idéologie nous amène à « diaboliser » une entreprise globale, ses chercheurs, ses salariés, ses agriculteurs, au nom d’une pusillanimité pleine d’arrières-pensées et de manipulations. Il n’est pas exclu que Paul Stamets, le seul homme providentiel dont on admettrait la légitimité quand par ailleurs nous excluons qu’il puisse y en avoir, serve des desseins alter-mondialistes et il est fort probable, connaissant le potentiel et la vulnérabilité de la démocratie dans les domaines de la manipulation, qu’au moment où le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement arrive dans sa dernière ligne droite, cette bonne nouvelle mycologique vienne soulever un potentiel de mobilisation contre Monsanto et les USA.

Carpe diem,
quam minimum credula postera

Pourtant, c’est notre avenir en tant qu’espèce, dont on projette qu’elle pourrait atteindre 9 milliards d’individus voire davantage, qui est en jeu. Mettre toutes nos chances de pouvoir sécuriser les productions, en dépit des risques et incertitudes phytosanitaires, n’est pas en dehors des enjeux.
C’est le coeur des enjeux et cela est vital. L’ignorer, c’est aller les yeux bandés vers les pires désillusions.

Il n’est cependant pas sûr que l’espèce humaine ait envie de vivre.
Ses démonstrations témoignent plutôt, et de plus en plus manifestement, de son envie de profiter.
L’ère du « Carpe diem » interprété au niveau du confort matériel et intellectuel touche à sa fin.
« quam minimum credula postero »
Spatio brevi / Spem longam reseces
Le temps de savoir ce que l’on veut vraiment et de ce que l’on doit vient.
Il est à craindre que la vérité, en tant que telle, n’intéresse guère plus les groupes d’opinion qui forment et déforment  la démocratie. Ce qui compte aux yeux de ceux qui animent la démocratie, c’est la manière de s’exalter et d’exalter.

C’est un pouvoir de vanité et une vanité de pouvoir. 

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