Je suis un patriote européen

France désoeuvrée, France occupée…
Il y a quelque chose du funeste esprit de Vichy qui lentement gangrène l’esprit français. Le spectacle donné par une partie de nos compatriotes, exaltés dans leur penchant xénophobe par des leaders de partis politiques qui vont du Front National aux Républicains en passant par les sphères souverainistes et de la gauche radicale, si actifs quand il s’agit de dénigrer l’Union européenne pour lui préférer la Russie nationaliste de Vladimir Poutine, nous en dit long sur le désoeuvrement français.
Et il n’y a pas loin du désoeuvrement à l’Occupation.
Que dit le Larousse du désoeuvré?
« Qui n’a rien à faire, qui n’a plus d’activité essentielle ; privé de son centre d’intérêt. »
Le même Larousse définit l’Occupation comme la période (1940-1945) au cours de laquelle la France a été occupée.
Occupée par quoi? Par son désoeuvrement, c’est à dire une vacance de ses propres valeurs, une vacance de sa propre grandeur. Les invoquer n’est pas les remplir ni les honorer.
Notre patrie, notre République, a sacrifié son âme, ses valeurs, réduit son horizon, ratatiné son paradigme, réduit son intérêt, à l’idéologie national-socialiste et au défaitisme spéculatif de Pétain, favorisé par l’inconsistance de la IV République.

J’ai bien peur que, sous des injonctions idéologiques et médiatiques insidieuses, nous soyons en train de sacrifier notre âme. Peu m’importe que les Le Pen, les souverainistes de tous poils, invoquent De Gaulle, Jeanne la Pucelle, la République, pour justifier leur haine de l’autre, leur haine de notre temps. On est rarement contemporain, et donc pertinent à ce que réclame un siècle, lorsque l’on mime les grands personnages d’hier. Au mieux, c’est une usurpation. Au pire, un ridicule pantomime. Dans tous les cas, on est anachronique.

Les manipulations vont bon train, et ne s’encombrent pas de scrupules, pour faire croître les peurs dont on aura beau dire qu’elle sont mauvaises conseillères, ce sont apparemment elles qui nous gouvernent, désemparant les gouvernements et exaltant des pans entiers de nos opinions publiques, dont l’état de délabrement devrait nous alerter quand, au contraire, il est tenu pour le meilleur indice de la vivacité de nos démocraties.

Associé à toutes ces xénophobies, ce processus de désoeuvrement a pu atteindre, sans que la classe politique eût eue au moment opportun le courage et la lucidité de s’ériger contre ce qu’elle a perçu comme le moyen de coller au peuple, et qui avait déjà la dimension d’une déferlante assez puissante pour faire perdre de vue à une grande nation ce qui fait sa grandeur, à une grande culture ce qui forme son universalité, à une grande puissance historique ce qui fait son adn et son identité, son propre chemin.

Malgré ce degré de dégénérescence, dont il serait superfétatoire de livrer la définition qu’en donne le Larousse, M. Juncker, que nombre d’entre nous se sont empressés de discréditer avant même qu’il eût accédé à la présidence de la Commission européenne, a fait le seul discours politique digne de ce nom au cours de ces dernières semaines.
Il s’agissait du discours sur l’état de L’Union, concentré sur les valeurs, concentré sur l’Oeuvre.

C’est peu dire qu’il a été occulté.
Je suis un patriote européen.

Le patriotisme doit aujourd’hui, au risque de se perdre et de nous défigurer, se renouveler.

Bien à vous.

 

 

 

 

 

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