Le temps des nations s’achève , commence celui de l’Homme

Nous vivons la fin des nations. Elles ont rempli leur mission.
Elles ne vont pas mourir. Elles s’ouvrent déjà et vont se transformer.

Ne croyez pas qu’il puisse être facile d’affirmer un tel avènement. Tout semble le contredire. Je vois combien sont puissants ceux qui freinent des quatre pieds, ceci particulièrement en Europe, alors que l’Europe devrait, au contraire, être la figure de proue volontaire de cette transformation. Elle a payé, l’Europe, un prix dévastateur au nationalisme qui y a surgi, dans les années 30, pour aboutir à la Shoah, à la catastrophe culturelle et intellectuelle qui nous a ruiné au début du XXe siècle.
Cette chute, gardons-nous de la renouveler, en considérant qu’il y a loin de la liberté et de l’ivresse des mots au déchaînement des actes, et encore plus loin de la libération des actes à l’acceptation des abominations. Ce serait de l’inconscience.
Cette chute, ne la souhaitons à personne.

Pourtant, chaque jour davantage et particulièrement dans ce temps ébranlé par le doute, ce sont les discours de haine, de méfiance, d’égoïsme, d’arrogance, qui dominent sur celui du respect, de la rencontre et de reconnaissance mutuelle et pacifiée.
Dans de nombreux foyers, la mort est répandue et provoque sa tragédie. Il y a longtemps que le monde ne s’était pas porté aussi mal, aux portes de l’Europe avec une Russie qui distille un nationalisme aux relents pestilentiels, au Moyen-Orient, où l’Iran, déploie et conditionne la permanence de sa Révolution aux dépens de ses voisins. Ici même, dans chacune des maisons, aux murs et aux façades desquelles suintent des désirs inavouables ou désinhibés.
Il ne faut pas craindre de regarder là dedans, dans cette substance.
Elle dit aujourd’hui une vérité accablante sur nous qui attache hélas, ce qui constitue son injustice fatale, les bons et les justes dans l’impéritie et la duplicité de ceux qui acceptent de l’être moins, ou de ne point l’être du tout.

Si Dieu existe et que l’histoire
est déterminée par lui en nous,
comme par notre imparfaite nature
en sa parfaite nature,
alors il ne peut pas nous abandonner

Il y a une date clef à tout. Un moment de singularité qui contient une force et un potentiel prodigieux. Les attentats du 11 Septembre 2001 constituent cet atome de destruction. Ce qui a été perpétré dans le direct du ciel New-Yorkais, c’est à ce titre un attentat contre le cours de l’histoire et l’histoire, Madame, Mademoiselle, Monsieur, demeure notre longue marche vers la terre promise.

De ce point de vue et ceci aucun croyant ne peut le contester quelle que soit la référence de sa foi, ces attentats attentent Dieu et le projet qu’il a pour nous. Ce projet ne consiste pas à établir son pouvoir sur Terre, mais à gagner notre consentement, toute formes gracieuses et vivifiantes, qu’il puisse prendre, à l’humanité que nous méritons tous.
Car cette humanité méritée de tous est la racine, dont nous nous sommes écartés au cours de la dissémination, dans l’espace et au cours des âges, de l’espèce que nous formons.
Il ne convient pas de dénier à l’histoire humaine la promesse qu’elle porte car c’est défigurer le sens même de notre présence, de notre existence précaire. Elles ne sont pas du seul ordre de l’instant vécu, de la revendication, de l’assouvissement matérialiste comme seule source et motif de l’exaucement auquel nous prétendons.

Il faudra apprendre, reapprendre l’humilité comme grandeur, réapprendre et accepter la diversité de l’Autre comme élément de sa propre identité.

Je ne suis pourtant pas ici pour parler de religion. La religion porte le témoignage et la vivacité. Elle maintient ce que nous sommes dans le temps, pour nous permettre d’y revenir, de nous y désaltérer et recouvrir la justesse de l’esprit. Mais ce qui nous appartient pleinement, c’est d’être ce que nous devrions être dans le temps, de coïncider avec ce qu’il appelle, dans sa propre évidence, de nous, afin d’y être sensibles et de s’y conformer, avec intelligence, inventivité et douceur, pour faire le monde meilleur, à tous égards. Le potentiel de découvertes et de connaissance, dans tous les domaines, n’a jamais été aussi élevé et prometteur. Ne faisons pas en sorte que ce potentiel puisse se retourner contre nous-mêmes ce qui serait le cas en le mettant au service d’une civilisation amputée et déséquilibrée. Délivrons la pensée des maux qui l’asservissent et l’éconduisent.
Permettons qu’elle renoue, au contraire, avec la Grâce et qu’elle s’épanouisse.

Si Dieu existe et que l’histoire est déterminée par lui en nous, comme par notre imparfaite nature en sa parfaite nature, alors il ne peut pas nous abandonner. Il ne peut pas laisser la nature humaine se dégrader, la vulnérable conscience humaine subir tant et tant de coups, de viols, sans défendre le peu qu’il reste de sacré en ce bas monde.
Il ne peut pas laisser le bien s’abîmer indéfiniment entre les griffes du mal et accepter de voir le sacrifice de tant d’innocents à la loi de ce même Mal.

Le temps des nations s’achève, commence celui de l’Homme, et en lui l’homme et la femme, l’enfant et le vieillard, le malade et le valide.
Mais l’Homme n’est pas un territoire, objecterons certains.
C’est vrai.

Bien à vous.

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