Petit précis d’économie personnelle à l’attention de quelques huissiers

Ce matin un huissier m’a appelé. Il n’est pas le premier et n’est sans doute pas le dernier.
Il a agi, en vertu de son pouvoir comme il me semble devoir agir en vertu du mien.
Je lui ai réitéré ma position invariable, selon laquelle il me semblait indispensable que ce que nous représentions, en tant que garants de nos systèmes respectifs, soit confronté devant la justice de mon pays dont je lui rappelé qu’elle était « prononcée » au nom du peuple français.
Il m’a dit que cela ne se passait pas ainsi.
Je n’ai pas eu le temps de lui dire que cela se passait toujours ainsi, car même la Loi est l’expression de la souveraineté du peuple ainsi que de son intérêt. Qu’elle se rende aveugle ne signifie qu’elle n’aie pas pour vocation l’acuité.
Mes propos l’ont exaspéré et il m’a demandé de changer de ton. La question, de mon point de vue, n’est pas le ton, mais l’exactitude.

Notre conversation s’est achevée sur l’invite à trancher la question, tous éléments mis sur la table, les siens et ce sur quoi ils reposent, comme les miens et ce sur quoi ils reposent, devant la Justice.
Je lui ai dit que j’entendais son argumentation, mais qu’il devait entendre, à l’égal, la mienne.
J’ai pensé que j’entendais son argumentation sur ma créance, mais qu’il devait entendre mon argumentation sur mon crédit.

Il m’a dit qu’il avait un pouvoir de coercition et, ce pouvoir, je le lui reconnais.
Cette personne, comme l’ensemble des autres qui m’assiègent, ont le pouvoir de pourrir mon existence et la vie de mon foyer, au delà de ce qu’ils sont déjà. Mais le pouvoir de me faire courber la tête et baisser les yeux, ces personnes ne l’ont pas. Je regarde, derrière elles, le système et je ne lui vois pas les qualités de discernement qu’on devrait naturellement attendre de lui pour le bien et la sérénité active de chacun.

J’entends par « qualités », les aptitudes à veiller sur la valeur, sur la liberté de chacun à produire de la valeur selon son talent, son aptitude, son génie, son abnégation, et, par cela, de maintenir l’adéquation du thésaurus (latin thesaurus, trésor, du grec thesauros) à ce qu’il décrit, documente et anime comme source de richesse, la thésaurisation ne renvoyant pas qu’au coffre-fort et si elle devait se réduire à cela, il faut que chacun, à hauteur de ce qu’il est et à quoi il contribue, puisse être lui-même clé.

Si le système qui lui-même est fruit d’une intelligence en est arrivé à s’éloigner de cela, c’est qu’il est corrompu et qu’il est temps d’y remédier afin d’éviter qu’il corrompe le monde, et coupe les ailes à ceux et celles qui sont là pour les lui procurer.
Il faut que l’on me dise si je me trompe et, alors, que les principes qui m’animent ne sont pas les bons principes.

Il faut qu’on me prouve que ce qui est pratiqué dans l’automatisme et l’arrogance est supérieur à la simplicité de ce que je dis, comme à ce que je porte. Dans tous les cas, je m’incline, mais avec la tête haute, car je ne cherche nullement à détruire le système. Je viens lui rendre une intelligence qu’il n’a pas suffisamment envers lui-même et qui est une menace pour lui-même.

A ce titre, plutôt que me combattre. le système que j’incrimine et qui exerce sur nos vies un pouvoir absolu, devrait me soutenir, sans se défausser sur la turpitude d’autrui ou ses simples défaillances à mon endroit, à raison que je ne sois pas d’un sérail ou d’un autre, que je ne sois pas davantage le produit de telle ou telle école, que je sois pas adoubé en quelque sorte, si cela devait être.

Pour cette raison, qui est centrale, je maintiens, face à la banque, ma position. Elle n’est en rien celle d’un expert, pas davantage celle d’un comptable. Elle n’est que celle d’un homme qui fait de son mieux et qui, l’ayant fait, découvre avec stupeur, que ce mieux qu’il fait , même documenté, n’est non seulement pas reconnu, mais qu’il est simplement  et purement nié.

Alors, je me tiens devant la banque et ses agents avec la conviction que le système de production de valeurs a des défaillances qui ne sont pas acceptables et encore moins dignes de notre Temps et que cela collabore à un gâchis d’énergie et de créativité qui n’est pas que le mien, même si ce que système considère être mon passif devrait, dans une économie plus scrupuleuse de ce à quoi elle devrait d’être attachée, être versé à mon crédit.

Mais cela n’est pas le cas.
Et cela est, à mes yeux, sinon une trahison à l’égard de la vertu qui doit animer le système économique, d’échanges et d’extension de valeurs, tout au moins un endormissement. Mais cet endormissement du système ne précipite pas dans la mort sociale, parfois physique, ceux qui en sont les agents, les instruments et gardiens émérites, sans doute. Non ceux qui sont précipités dans cette agonie, ce sont ceux et celles qui le servent, qui s’emploient à le faire vivre.
Ce sont eux, elles, qui qu’ils soient et où qu’ils soient, a-fortiori dans les lettres de noblesse de la République, qui devraient être protégés, soutenus et mis en évidence. Au lieu de quoi, la République, devenue sociale, oppose ses prébendes et créée d’incomparables névroses.

A partir de mon expérience personnelle, qui est plus riche que beaucoup pourraient le croire, je suis en droit d’exercer une critique « constructive, positive et candide ».

Mon intelligence est bizarre. Evidemment, c’est avec cette intelligence bizarre, que je regarde et fais.
Je l’utilise pour inséminer des choses, là où je peux, quand je le peux.
J’ai lu, car, internet accélérant les possibilités de l’information et de la connaissance,  je lis beaucoup, il y a peu, un article sur la question que certains posent déjà d’un contrôle juridique et étatique des algorithmes. Il m’a intéressé.
J’avais posté, la veille ou l’avant-veille, sur la page personnelle d’un dirigeant européen de Facebook, le texte suivant ou je me permettais de suggérer la création d’algorithmes susceptibles de parfaire la vocation de ce vecteur d’une forme de démocratie mondiale.

« Bonjour Monsieur, je suis heureux de voir vos posts. Je contribue à ma manière, ce qui est un longue histoire. Je suis, si j’avais à me définir un esprit assez iconoclaste.Ce matin , j’ai posté sur ma page personnelle un petite interrogation, s’agissant de Mark Zuckemberg et de la possibilité qu’il ait eu conscience en créant Facebook de son potentiel révolutionnaire. J’ai souvent eu des idées, la dernière concerne le pouvoir que pourrait avoir ce réseau social communautaire. J’y ai pensé hier en rapprochant mes modestes, mais non moins résolus, efforts pour apporter de la raison, de l’intelligence et de l’humanité dans une sphère politico-médiatique, et aussi celle du web, qui est saisie par la haine, la manipulation. Facebook n’est pas épargné de ces phénomènes de phagocytage. Or, j’ai fait mien un principe auquel j’essaie de ne pas déroger et qui me semble pouvoir être un principe général auquel il serait bon de convertir les gens, particulièrement les enfants. Je l’ai écrit, au cours de ce que certains pourraient tenir de divagations. La première des choses que je préconiserai à des enfants, c’est de faire cet effort qui consiste à parler comme si le sort du monde pouvait en dépendre. Alors, hier soir, en me couchant, face au spectacle qu’offrent les médias, les désinhibitions et les monstres qu’elles déchaînent, y compris dans des quotidiens d’information sérieux (j’ai été journaliste, il y a fort longtemps), je me suis endormi en pensant au pouvoir, un peu aléatoire, sauvage, de facebook… et j’ai pensé, en même temps aux théorie de Von Neuman, sur les réseaux, dont j’ai entendu parler assez pour imaginer le potentiel qui pourrait sortir de l’inter-connectivité. Face à des empires de la presse – Le Figaro, propriété d’un avionneur militaire, vient de racheter un groupe de presse digital lui permettant de toucher un potentiel de 25 millions, qui façonnent la perception de la réalité qui gouverne le monde – je fais court – l’idée qui m’est venue est que le seul moyen démocratique, libre, de contrer, s’il le fallait, de telles puissances, c’est l’accès à un contre-pouvoir immédiat, c’est à dire « sans média ». Je ne suis pas favorable à la démocratie directe. Par contre, je crois que le siècle dans lequels nous sommes et le millénaire dans lequel nous entrons, mérite un outil d’inter-médiation et plus encore d’inter-responsabilisation, autour de la parole. Le gouvernement de Mme Merkel s’est émue de ce qui circulait sur facebook à son propos. J’ai tenté, à mon échelle, de contrer ces manifestations de la malveillance. Mais un homme, une voix, c’est bien peu face aux déferlantes de haine, à la corrosion systémique des dialectiques sur les institutions… Alors, j’ai imaginé – je ne suis pas codeur, ni mathématicien, et j’en nourris des regrets – que facebook puisse mesurer l’état du monde en fonction de chaque parole, une rapport entre l’infinitésimal et le macro, de sorte que la portée des paroles, de groupes de paroles, de tonalités de paroles, soit corrélé par le niveau d’invention, la pureté de l’air, le taux d’emploi de groupes de mots, la mortalité dans tel domaine, etc. Ne serait-ce que pour définir ces domaines, les algorithmes qu’il serait nécessaire d’élaborer, il faudrait beaucoup d’intelligence et de pertinence… Je pense cependant qu’il y a là un chemin utile et une vocation à créer. Si les gens, quels qu’ils soient et c’est la dimension remarquable de facebook que d’avoir déjà réalisé une sorte d’universalité, avaient d’une certaine manière un retour sur la portée de leur parole qui ne soit pas que la somme des « like », mais une couleur sur la tendance de l’économie, du partage des savoirs, du nombre de brevets, etc, alors, à travers cette accélération d’une synesthésie numérique, chaque homme et chaque femme de ce monde, de ce temps et de ceux à venir, accorderait à sa parole, à son écrit, une valeur qui leur manque aujourd’hui et qui parce qu’elle leur manque peuvent s’abandonner à ne pas se croire comptables des messages qu’ils formulent ou simplement qu’ils véhiculent. Or, ma conviction, est que chaque parole est essentielle même si, isolée, elle peut paraître insignifiante. C’est cela qui concourt à la fois la fragilité relative des institutions qui méritent d’être restaurées, et à la vulnérabilité des sociétés et de la civilisation auxquelles elles concourrent. » 

Bien entendu, je n’attends pas d’écho à cette proposition et j’admets que sa fulgurance est brouillonne.
Mais je l’ai émise. Moi. Et moi, seul. A moins, évidemment, que M. Zuckerberg ait été déjà dans cette optique, ou qu’elle vienne à lui de manière emprique. Cette vérité, je ne la possède pas. Je ne possède que la mienne et elle m’est suffisante, même si, elle loin de me récompenser, elle m’accable. Et cela, l’huissier qui vient à ma porte et derrière sa modeste personne, ce qu’il représente, n’a pas à mes yeux le droit de s’en dédouaner avec désinvolture.

Quelques jours après, lorsque Facebook a présenté sur la page de son créateur les « nouvelles réactions » ajoutées au « Like », j’ai émis une suggestion consistant à en ajouter une nouvelle. Compte tenu du fait que des milliards de personnes en ce monde sont animées par la foi, je suggère que devant une information quelconque, ces personnes puissent disposer, par l’intermédiaire d’une icone, dont le graphisme reste à définir, du moyen de s’en remettre non pas à leur émotivité personnelle mais à plus grande raison spirituelle.

Bien à vous.

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2 réflexions sur “Petit précis d’économie personnelle à l’attention de quelques huissiers

  1. Merci pour vos propositions. Je pense que c’est très intéressant de savoir tout ce là. C’est vrai que l’internet est le moyen d’approfondir notre savoir dans tous les domaines.

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