Turquie, une chance de plus

Le peuple turc, mis sous pression, a semble-t-il, assuré les conditions de l’unité turque. Contrairement à ce que nombreux de commentateurs soutiennent, si le gouvernement Erdogan avait échoué, le risque de voir la Turquie sombrer – ce qui, compte tenu de son importance géostratégique, ne déplairait pas à certains – recule, mais il n’est pas éliminé.

Mais le plus dur commence aussi pour M. Erdogan. La satisfaction que procure la victoire est vaine si la victoire ne sert pas à délivrer la Turquie de tout ce qui la menace, avec l’infinie intelligence que réclame la situation. M. Erdogan a les mains libres, mais il n’a pas les coudées franches. Il lui faut ramener dans l’unité de la République Turque et surtout dans la sagesse de la démocratie, les tentations séparatistes kurdes et neutraliser les opérations de déstabilisation extérieures qui excitent à dessein la violence. Il y a des éléments et des forces qui se répriment, mais il en est qui se convainquent et se gagnent par un patriotisme mutuel.

Le principe d’une adhésion à l’Union Européenne est plus que jamais justifiée pour détendre les tensions et offrir un horizon commun à ce grand pays. Cette opportunité est susceptible de permettre aux composantes de la société turque de converger ensemble, en dépassant des antagonismes qui se sont accentués au cours des années, vers un rendez-vous historique.

La Turquie, comme l’Arabie Saoudite, ont des ennemis habiles et tenaces. Au cours des dernières années, ces ennemis se sont tout de même dépassés dans l’art de la déstabilisation comme dans celui de la guerre d’information. Elle a des effets redoutables car elle permet d’amener les opinions publiques à considérer des alliés comme des ennemis, d’être dupe des situations et des évènements.

C’est cela qui est survenu en France et en Europe où l’hostilité à l’égard de la Turquie a favorisé dans l’opinion un discours de défiance et de rejet automatique que la Turquie, exposée aux menaces qui sont autant les siennes que les nôtres, ne méritait pas.

Y a-t-il pire perversion, et pire impéritie, pour un peuple, que de se fourvoyer sur son propre intérêt?

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