Israël fait son espoir du désespoir des Palestiniens

La Commission européenne a validé ce matin l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. «Toutes ces mesures visent à établir une différenciation entre les articles exportés par Israël et ceux qui sont fabriqués dans des territoires occupés en violation du droit international», a justifié un diplomate cité par Le Figaro.

Cette partie du monde autour de Jerusalem est une terre originale. Non pas parce qu’elle témoigne des trois grandes religions du Livre. Cette immense singularité passe au second plan, aujourd’hui. Cette terre sainte tend à ne devenir spéciale que parce que chacun y marche sur des œufs de crainte de faire plus grand désastre que celui qui, depuis la création de l’État hébreu, progresse sous nos yeux.

Aucune terre que cette terre, pourtant, ne devrait se justifier davantage par un désir de justice. Elle est devenue celle du déni de justice et Israël, aujourd’hui, s’en accomode avec un cynisme qui l’éloigne de sa tradition et de sa nature. Que ferait aujourd’hui un Salomon qui ne serait pas des sources régulières s’il devait trancher le litige de l’enfant que se disputent deux mères ? Lui offrirait-il, à cet enfant, la gangrène pour qu’elle l’emporte entier et emporte avec lui mère et mère ?

Car depuis la mort en 1995 de Itzhak Rabin, après son discours « La Paix a ses chances » prononcé sur la place des Rois d’Israël, c’est la gangrène qui gagne. Israël fait aujourd’hui de cette terre, une terre gangrénée et aucun des mètres-carré des territoires occupés, ou d’une partie de Jerusalem occultée au droit, n’est une terre gagnée. Ce sont des terres perdus.
Cela a pour effet de mèner à l’amputation de l’âme si dégradée de deux peuples que l’histoire et la géographie, que l’humanité, destinent pourtant à vivre et prospérer en paix. Ou à s’autodétruire.
A nous mêler à leur autodestruction.

Si Israël n’a rien à se reprocher à tirer des profits de l’occupation illégale de territoires palestiniens, Israël n’a rien à craindre que mention soit faite au bénéfice des consommateurs de l’origine de ces productions. Certains en achèteront davantage, par soutien. Certains pas, par boycott symbolique.
Dieu est-il réduit à juger par une étiquette ?

La réaction de l’État hébreu à cette disposition témoigne pourtant au delà de ces aspects qu’il y a un reproche qu’Israël peut se faire à lui-même sur la colonisation et sur lequel il préfère que l’ombre demeure.
Israël ne tolère aucun reproche sur sa conduite quand il multiplie les reproches quant à la conduite dans ce même conflit des Palestiniens. Ils ne sont pas sans faute et leur plus grande, mais qu’explique leur désespoir, est de nourrir ce qui les affaiblit.

Israël fait aujourd’hui son espoir, que cela soit planifié ou inconscient, du désespoir semé chez son voisin.
La nation israélienne cultive ainsi son déni de la réalité du drame qu’il impose à son voisin et qui constitue une source inépuisable de violence dont il tire pour conséquence sa légitimité à poursuivre, jusqu’à épuisement de ses prétentions territoriales, sa colonisation et l’occupation qui va avec.

Parmi les réactions virulentes qui marquent l’opposition de plusieurs figures politiques en Israël à l’étiquetage des produits issus des territoires occupés, une analogie retient particulièrement l’attention. Il s’agit de celle ramenant l’étiquetage de produits issus de territoires occupés à la rouelle, née comme je viens de le découvrir du concile de Narbonne de 1227 d’où j’écris, qui devait aboutir à l’infâme port de l’étoile jaune, imposé au juifs, lors de la Shoah.
« La mise à l’index de produits fabriqués par des Juifs nous rappelle de bien sombres périodes.» a déploré l’ex-ambassadeur Freddy Eytan, qui dirige le Centre pour les affaires publiques de Jérusalem.

Les actuels gouvernants d’Israël recourent de plus en plus à des rhétoriques du bouc-émissaire et c’est un paradoxal moyen de laver le monde des péchés qui virent le monde faire du peuple juif le bouc-émissaire.
Il y a quelques jours, Benyamin Netanyahu avait attribué l’inspiration de la solution finale au grand mufti de Jerusalem pour faire retomber de manière grotesque la responsabilité de la solution finale aux Palestiniens d’aujourd’hui ? Les brûler de ce sceau infâme au risque, voulu peut-être, de réalimenter une fascination pour Mein Kampf dont les éditions s’arrachent comme pain béni, dit-on, chez les Islamistes radicaux.

Il faut un grand ennemi pour pouvoir masquer la réalité de ses batailles et réclamer, comme le Premier ministre israélien l’a fait, hier, aux Etats-Unis, l’unité de tous les juifs du monde.
Aujourd’hui, c’est l’Europe qui, aux yeux de l’exécutif israélien, renoue avec l’anti-sémitisme.
Demain, quelle culpabilité sera reprochée à l’Amérique ? Celle d’avoir un président noir, inspiré par l’équité et la justice, et qu’Israël condamne aujourd’hui, comme toutes les bonnes volontés, à marcher sur des oeufs ?

Les seuls à pouvoir porter et acheminer, ainsi qu’elle doit l’être, la solution de Paix sont les peuples respectifs et celui d’Israël, particulièrement.
Puissent-il être, ceux voués à les guider, éclairés et puissants, comme les rois d’Israël d’antan, afin d’éviter à cet nation d’entre les nations le parjure au serment qui l’a fondée.

Bien à vous.

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