Archives Mensuelles: décembre 2015

Principe de vie démocratique

La Corse, à propos de laquelle tant de nos commentateurs s’émeuvent de la signification politique de la victoire des nationalistes, a anticipé ce qui vient de se produire en Espagne, où fort hativement on proclame la fin, à partir de ce qui constitue surtout une étape de la recomposition, du bi-partisme. Lire la suite

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Le pouvoir de la vieillesse face au rajeunissement

« Le vote FN n’est pas immoral », a cru devoir dire, hier soir, Nicolas Sarkozy, président des Républicains.
Décidément, la politique telle que ce système politico-médiatique l’a transformée et l’a fait subir, collectivement, à notre pays est un naufrage et, plus encore, une vieillesse de l’âme.

Le Gaullisme, dont tous aujourd’hui se réclament de la gauche au FN, n’a jamais consisté en autre chose pourtant que la modernité du regard, une sorte de revivifiance. C’est ce qui lui a fait refuser Vichy et sa compromission, Vichy et son esprit national. Aujourd’hui, la politique qui organise et régit la vie civile par des cycles et des remous partisans s’apparente davantage à une infirmité. Le Front National la porte à son comble.

J’ai a du mal à imaginer une condescendance telle que celle à laquelle se laisse aller le président des Républicains de la part des grands hommes. Je veux dire de ceux et celles qui ont fait l’histoire. Eux bataillent pour la vérité, et quand elle est mal en point, ce qui est apparemment notre cas, ils engagent leur force, leur sincérité, leur acuité, pour la restaurer plutôt que d’accorder aux métamorphoses insensées qu’elle prend le privilège de nous entraîner tous dans ses courants.

Le pape François vient d’engager le jubilé de la Miséricorde au même moment mes compatriotes considèrent, ainsi que Le Figaro en fait état, à 81% « que la laïcité est «en danger» et sont favorables à l’interdiction du port du foulard islamique pour les mères accompagnatrices de sorties scolaires, selon un sondage Ifop pour le Comité national d’action laïque (Cnal) publié aujourd’hui. Alors que la République fête aujourd’hui le 110e anniversaire de la loi de 1905 séparant les Eglises et l’Etat, seuls 48% des sondés jugent ce texte «équitable» (-6 points en dix ans) tandis que 38% l’estiment dépassé (-8 points). Ils sont 59% à le trouver «utile» (-6 points). »

Chacun se construit avec ce par quoi il accepte que son esprit soit frappé. Les médias participent à imprimer une perception de la réalité chez nos concitoyens. Ils sonnent les individus, plutôt que de les éveiller à leur propre discernement.
C’est une grande trahison.

La Laïcité est une intelligence et cette intelligence mériterait d’être mieux explicitée, sans doute. Au contraire, obéissant à leurs pulsions, les Français veulent transformer la laïcité en un totalitarisme appliqué à la sphère publique entière. Ce n’est pas, dans l’esprit comme dans la loi, ce que la loi de 1905 dispose.

Tout résoudre par le profane. Tout incriminer par le sacré. Cette tentation ramène à une phrase prêtée à André Malraux, que l’auteur de La Voie Royale récusa cependant. « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Jean-Paul II, en 1994, concluera son adresse « Entrez dans l’espérance » par cette adresse.

André Frossard, qui est à l’origine de cette citation devenue apocryphe, a jugé utile de s’expliquer. «je n’ai jamais eu que cinq ou six conversations privées avec [André Malraux], mais ce fut chaque fois pour l’entendre parler de religion, et je suis tout à fait sûr d’avoir été le premier à recueillir sa fameuse formule sur le XXIe siècle, que l’on déforme aussi souvent qu’on la cite. Il ne dit pas : “Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas.”, mais “Le XXIe siècle sera mystique ou ne sera pas.” ce qui n’est pas tout à fait la même chose.». Source André Malraux.org

Qu’il s’agisse de « mystique » ou de « religieux », cette formule entre en résonance avec l’état du monde et la dégradation dans laquelle il est entraîné progressivement, sans que nous ayons conservé le goût si vital et la conscience suffisamment aigüe, pour en entendre, même si elle vient de loin,  la pleine actualité.

Convenons-en: on ne peut pas espérer d’une époque en particulier qu’elle sera plus intelligente que d’autres. Prisonniers de leur propre instinct de mort, les hommes se succèdent en effet sur cette terre en renouvelant précipitamment leurs chaînes sitôt que la liberté entr’ouvre devant eux la réalité et l’appel d’un monde meilleur, d’un monde en mouvement, qui réclame notre cohésion, notre adaptation et notre adhésion, afin de nous faire gagner en justice, en fraternité, en humanité, en équité.

Nous sommes, plus et mieux qu’à toute autre époque, dans cet appel et cette promesse du monde, reçu, comme en une seule, dans ses dimensions spirituelle et temporelle. Saurons-nous satisfaire cette si grande aspiration en lui permettant de fertiliser notre temps?
Il m’a semblé que l’Europe, en tant que notre expérience politique, était cette forge particulière.
Il est naturel qu’elle concentre tant d’ennemis, faisant feu de tout bois pour distraire nos peuples de leur devoir de discernement, mais il n’est pas naturel qu’ils soient si nombreux à cèder à leur assaut au point de haïr le présent de l’oeuvre.
C’est ce droit, que je veux bien tenir pour inaliénable si cela les satisfait, que tant d’entre nos compatriotes, avec des pairs partout dans le monde, revendiquent.
C’est le pouvoir de la vieillesse face au rajeunissement.
Nous sommes dans un temps où la politique doit changer. Doit se changer.

Bien à vous.

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Orban, un Hongrois chez les Ayatollah

M. Orban, Premier ministre hongrois, a été reçu par l’ayatollah Khamenei, le 2 décembre dernier. Du compte rendu publié dans la page internet du guide suprême, il ressort des propos qui légitiment quelques interrogations.
M. Orban, est-il relaté, « a évoqué les propos du Guide suprême de la Révolution islamique quant à la falsification des vérités par les appareils propagandistes, pour se déclarer, son cabinet et lui-même des éléments révolutionnaires, rejetant l’occupation ». Lire la suite

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Essor du FN: où s’arrêtera la médiocrité nationale?

Encore une nouvelle soirée électorale placée sous le signe de l’avancée du Front National qui vient confirmer sa domination, au sortir du premier tour des élections régionales, sur le jeu politique français pris au piège de sa propre vacuité par une vacuité plus grande encore. Plus périlleuse encore que toutes celles qui nous sont passées dessus.
Celle qu’incarne le Front National.

Où s’arrêtera la médiocrité nationale? 
C’est la question que je me pose, à voix haute, alors que la délibération électorale offre ce spectacle effarant.
Où s’arrêtera la médiocrité nationale?
Mon épouse fournit la réponse: Quand les Français se rendront compte que tout cela est de la médiocrité.

J’ai accompli mon devoir civique ce dimanche tout en n’ayant, le plus souvent pour les partis politiques, qu’un grand, qu’un immense mépris, car – et cette lente descente aux enfers à laquelle nous assistons avec l’emprise qu’exerce désormais le Front National sur notre vie nationale le confirme –  le constat s’impose que la Politique, devenue vilement partisane, dessert plus qu’elle ne sert la réalité du pays.
Toute sincérité est bannie au profit de polémiques.
Tout n’est que calcul. Positionnement. Rhétoriques.
La vérité n’intéresse plus grand monde. Elle est désertée.

Je le dis, avec fermeté, il faut que les Français saluent la vision de De Gaulle quand il a forgé une Constitution destinée à nous protéger de nous-mêmes. Avait-il imaginé une telle submersion politico-médiatique?
Sans elle, depuis quand aurions-nous déjà sombré, corps et âmes?
Ah, comme il avait raison, le général, de se méfier des partis politiques et de placer le président en clé de voute, au dessus des partis…
Cette Constitution est, après le supposé discernement des Français, notre bien le plus précieux.
Les partis politiques, et le FN avec une nocivité inégalée, sont parvenus à altérer le discernement des mes compatriotes.
Alors, il ne reste que la Constitution et les institutions qu’elle consacre.
Ce ne sera pas suffisant.
Cela permettra jusqu’en 2017, à François Hollande de conserver le contrôle de ce puissant et prestigieux vaisseau qu’est la France, fait pour croiser au large de l’histoire et de porter un étendard particulier, mais que les Français s’obstinent à conserver en rade, pour pouvoir passer leur colère dessus, ayant désappris qu’ils étaient embarqués dessus.

Mon épouse déplore: Il n’y a plus de grand homme politique qui pénètre l’Histoire. C’est ce constat lapidaire que lui inspire ce nouveau degré atteint dans la dégradation.
Mon épouse, comme une très grande majorité d’épouses, a raison.

Jamais, dans l’histoire humaine, nous n’avons été en mesure de lever un souffle aussi vivifiant sur le monde, d’ouvrir les portes à une ère nouvelle, jamais les menaces que génère une telle espérance n’ont été aussi fortes, et qu’entendons-nous, dans les campagnes? La lourde fatigue d’un peuple.
Il y a l’Europe. Il y a la mondialisation, avec ce recul de la pauvreté et l’émergence de régions et de populations qui n’avaient aucun droit jusqu’à présent. Il y a cette oeuvre si grande à alimenter, à faire tourner à son meilleur régime, à ajuster et, sur le son d’une Marseillaise et en se réclamant d’une Jeanne d’Arc qui n’a rien demandé de tel, une galerie vient nous amuser et prétend faire monter le peuple au trône quand ils ne sont ceux, les sièges où nous accèderions, que ceux de la facilité et de la médiocrité.

Le triomphe des Le Pen
fait peine à voir

Que d’impostures et de sacrilèges. On convoque le patriotisme pour s’autoriser à détester le musulman, l’arabe. Un autre dit qu’on n’a pas été assez ferme avec la République comme si la République était une fermeté avant d’être une intelligence, une disponibilité à l’intelligence et à la bienveillance.
Alors, tout le monde gonfle sa poitrine et s’imagine Enfants de la patrie pour venger l’outrage pour peu qu’on lui désigne l’ennemi.
Mais il faut se convaincre d’une chose : des enfants de la patrie livreraient bataille contre l’ineptie pour imposer la raison fraternelle, la foi dans le semblable, qui est la loi de la République.
Des enfants de la Patrie iraient terrasser les armées de l’ombre plutôt qu’y mêler leur silhouette. Il éclairciraient les horizons plutôt que de les assombrir.
La démocratie ne sert pas autre chose que le rayonnement de la République. Pas son assombrissement.
Et s’il y a une carence attestée, ce qu’implique la République, c’est d’apprendre à se réappropier les valeurs et de sceller grâce à elles des pactes féconds avec le monde d’aujourd’hui, pas celui du siècle dernier ou de l’époque de Charles Martel et de Soliman le Magnifique.

Moi, même en piteux état, je demeure un enfant de la Patrie. Et la première, la seule peut-être, qualité d’un enfant de cette Patrie,  c’est de reconnaître où est son combat et de ne pas confondre, la poitrine exagérément gonflée, le courage avec la désertion, la dignité nationale avec l’infâmie nationale.
Quand 30 % des gens votent pour un parti islamophobe, qui veut faire du catholicisme une ceinture de chasteté, que tant d’entre nous se laissent aller à l’outrance, à l’amalgame, en désignant le musulman comme étranger, il ne faut pas parler de courage intellectuel, ni d’acuité. Il faut parler de désertion et d’aveuglement.
Ce camp-là n’est en aucun cas celui des enfants de la patrie qu’exalte notre hymne national.

Les seuls sentiments qu’ils ne parvient à faire vibrer, ce sont ceux du vandalisme et de la profanation qu’affectionnent, je crois, les nihilistes, les désoeuvrés et sbires néo-nazis, et ceux qui, aujourd’hui, arborent si fièrement leur vote frontiste, le dénonceront aussi vigoureusement demain.
Il est probable  qu’ils se demanderont, dans le secret de leur conscience, ayant été édifiés depuis 50 ans sur les heures noires de l’histoire à grand renfort de cours, de témoignages, d’expositions, de voyages dans les lieux de la Shoah, comment, en substituant au juif l’arabe et en introduisant la notion d’islamo-facisme, ils ont pu se laisser prendre et entraîner dans de tels courants.
Comme le mal est retors et comme cela nous éloigne de la grande histoire de France.

Le triomphe des Le Pen fait peine à voir.
Au regard de ce qu’est la France.
J’ai déjà dit où est sa plus grande imposture. Celle qui ne se voit pas.
Compte tenu des circonstances historiques exceptionnelles que la France mais aussi l’Europe connaissent, faut-il en effet se résoudre à voir un parti tel le FN, inféodé à Moscou, adversaire de l’Europe, accroître sa mainmise sur l’imposture à quoi il a réduit et instrumentalisé le sens de la souveraineté nationale?
Il y a l’occasion, à partir d’aujourd’hui, de reforger une alliance républicaine révivifiée.
Au delà des appareils partisans, une France attend.
La France attend.

Bien à vous.

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Syrie: la ligne rouge fixée par l’Iran n’invalide pas l’horizon démocratique

« Bachar al Assad est la ligne rouge pour la République islamique d’Iran parce qu’il a été élu par le peuple syrien », a déclaré Ali Akbar Velayati, principal conseiller en matière de politique étrangère de l’ayatollah Ali Khamenei.
« Le peuple syrien doit décider lui-même de son avenir et personne en dehors des frontières de la Syrie ne peut choisir à la place du peuple syrien », a-t-il poursuivi. [Source Le Figaro] Lire la suite

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En finir avec l’imposture du Front National

Manuel Valls a raison lorsqu’il a appelé « à reconstruire une grande partie de la République ». Il y a nécessité de rénover l’esprit républicain et de lui insuffler la vie qui lui manque. Cela est l’essentiel pour faire sombrer le Front National, naviral-amiral d’un mouvement politique qui s’est érigé, en symbiose avec la Russie de Poutine, en figure de proue anti-européenne. Lire la suite

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Iran: les menaces telles qu’elles sont

« Grâce à Dieu, le peuple iranien préservera ce précieux trésor et en profitera davantage ; et il parviendra à l’appui de ces volontés et cette perspicacité au summum du progrès, d’autant plus que les ennemis n’y peuvent rien. ».
Ce sont les mots prononcés, le 28 novembre dernier, par l’ayatollah Khamenei devant les commandants des Bassijids, composante importante des forces de la Révolution Islamique d’Iran. Lire la suite

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