Iran: les menaces telles qu’elles sont

« Grâce à Dieu, le peuple iranien préservera ce précieux trésor et en profitera davantage ; et il parviendra à l’appui de ces volontés et cette perspicacité au summum du progrès, d’autant plus que les ennemis n’y peuvent rien. ».
Ce sont les mots prononcés, le 28 novembre dernier, par l’ayatollah Khamenei devant les commandants des Bassijids, composante importante des forces de la Révolution Islamique d’Iran.

J’ai dit, et ce à plusieurs reprises, ce dans quoi la Révolution Islamique d’Iran et la Russie de Poutine nous entraînent depuis des années, en considérant que le djihadisme ne constituait qu’un instrument au service de l’Iran. J’ai utilisé la notion d’avatar, c’est à dire le personnage virtuel que l’utilisateur d’un ordinateur choisit pour le représenter graphiquement, car elle me semble la plus approprié pour qualifier ce que sont ces groupes qui vont d’Al-Qaida à Boko Aram, en passant bien sûr, par daesh, ce dernier groupe ayant d’ailleurs une prédilection pour les réseaux informatiques.

Même si je suis seul à énoncer la nature de la menace comme je le fais, il n’en demeure pas moins que le réel corrobore ma lecture de la violence à laquelle on soumet notre civilisation, violence que je ne me contente pas de recevoir dans son premier degré, car la réalité mérite de dépasser le rideau de fumée et de représentation.

Les mots ont de l’importance. Et ceux de l’ayatollah Khamenei, que j’ai déjà rapporté, signalent un petit péché de vanité. Car à quoi fait référence le guide suprême de la Révolution Islamique lorsqu’il s’honore de « ces volontés et [de] cette perspicacité au summum du progrès ».
Il y a, dans cette phrase, un contentement qui semble être celui d’un grand ordonnateur qui jouit de la satisfaction de voir sa mécanique produire inexorablement les effets qu’il escompte, « d’autant plus que les ennemis n’y peuvent rien ».

Il faut lire. Et, j’avoue qu’un des avantages de cette période, est de pouvoir découvrir dans quelques organes de propagande tels que Le Causeur, Bd Voltaire, des signes ostensibles et répétés de ce à quoi on veut nous convaincre, nous, le peuple français, nous, le peuple européen, nous, l’humanité et je crois qu’il est temps de voir comment cela est opposé à la nature de la civilisation, ouverte, dynamique, à laquelle tous ont droit.
Or, nous sommes là dans une guerre géostratégique d’une ampleur inégalée qui a instrumentalisé le terrorisme de nature islamique pour servir son intérêt.

Aujourd’hui, Le Causeur se fait l’avocat de l’Iran, comme il se fait constamment l’avocat de la Russie.
Il publie l’interview, sous le titre « L’Iran est la seule puissance à pouvoir vaincre daesh »,  d’un avocat, Ardavan Amir-Aslani, qui se définit comme expert du Moyen-Orient.
Il nous livre une « narration » qui est constante sur la responsabilité des Saoudiens et des Qataris dans l’éclosion et la propagation de l’islamisme radical. C’est cette interprétation qui fait le lit du succès du Front National, des souverainistes et jusqu’à certaines figures des Républicains, qui cèdent à la tentation de Moscou.

Il est peu probable
que la vérité puisse
se conquérir par la démagogie

« La journée tragique du vendredi 13 novembre était hélas prévisible. On aurait pu voir venir les choses depuis l’attaque des tours jumelles à New York le 11 septembre 2001. Ce jour-là, dix-sept personnes dont une majorité de Saoudiens et de Qataris, se sont écrasés sur des cibles civiles. C’est alors qu’a commencé le conflit de civilisations qui oppose l’Occident – c’est-à-dire non pas les pays de l’Ouest mais ceux qui sont attachés à la volonté de vivre et de laisser vivre – à une certaine version de l’islam. Il s’agit de la lecture wahhabite sunnite de l’islam marquée par l’Arabie Saoudite. Or, il se trouve que cet islamo-fascisme djihadiste a également comme ennemi principal l’Iranien chiite. Ce dernier est le principal objet de leur haine, devant le Juif et le Chrétien. », déclare Ardavan Amir-Aslani.

Ne sont-ils pas troublés, les supporters de M. Poutine, les thuriféraires de Bachar El-Assad, par la manière dont ils suivent la pente que ceux qui menacent et ont menacé notre souveraineté, notre intégrité, leur modèlent par une narration qu’ils adoptent sans sourciller.
Ceci est indigne de la France.
Ne serait-il pas plus profitable et, d’une certaine manière conforme à la responsabilité politique, quelle qu’elle soit, de remonter la pente pour aller à la vérité car il est peu probable que la vérité, naturellement abrupte, puisse se conquérir sans effort et qu’elle puisse s’établir par la démagogie.

Non, ces gens-là ne bâtissent leur succès auprès de l’opinion publique qu’en empruntant et en gavant nos compatriotes de poncifs, d’amalgames, de peurs orientées sans mesurer à quel point et dans quelle mesure ils sont les éléments de la stratégie engagée contre nous.

J’ai écrit, hier, que le moment viendrait où l’Iran viendrait rafler la mise des désordres qu’il a semé. « Aujourd’hui, l’Iran est la seule armée capable de vaincre Daech et se montre d’autant plus déterminée qu’elle constitue une des cibles prioritaires du groupe djihadiste. Il faut donc permettre à l’armée iranienne, aidée des milices chiites de la région, de combattre au sol. Téhéran ne demande que ça. », note l’étrange avocat auquel Le Causeur a ouvert ses colonnes.

Il est temps de mettre fin à ce mauvais songe et voir les menaces telles qu’elles sont.

Bien à vous.

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