De Cologne à Zurich, les agressions sexuelles comme arme de terrorisme

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L’enlèvement des Sabines par David.

A l’unanimité, les protestations et la colère font suite aux révélations qui font état des agressions sexuelles massives perpétrés lors de la nuit de la Saint-Sylvestre,  par plusieurs groupes mêlant notamment des Maghrébins d’origine et des réfugiés.
Lorsqu’on parle de nuit, il faut apprendre à se méfier. L’histoire conserve en mémoire quelques unes parmi les plus noires qui vont de celle de la Saint-Barthélémy à celle de Cristal.
Elles rodent toujours.
Après Cologne, où les autorités ont enregistré 170 plaintes, de nombreuses plaintes ont été enregistrées pour des faits similaires dans plusieurs autres villes en Allemagne, notamment Hambourg, et en Suisse, à Zurich où des des bandes organisées ont sévi.
On apprend également que la Suède a subi lors d’un concert We are Stockolm dans la capitale du pays le même phénomène, donnant lieu à 38 plaintes de femmes agressées, dont deux violées, par des étrangers. Elles ne sont pas le fait d’individus isolés, mais celui de gangs.

Le colère et le besoin de justice sont légitimes.
L’aveuglement ne l’est pas.
Attribuer ces faits à un choc de civilisation –  et les condamner à ce titre – ou à la frustration sexuelle des auteurs n’est sans doute pas, même s’il permet notamment à certaines personnes de se donner raison – sur les thèmes simultanés du choc de civilisation et de la cinquième colonne terroriste infiltrée parmi les réfugiés – constitue un levier puissant sur le plan émotionnel car la femme est sacrée et toute atteinte violente à son intégrité est une violation de l’hospitalité accordée, même de mauvaise grâce comme c’est le cas pour la majeure partie de nos populations, susceptible de déchaîner l’hostilité et la haine envers les réfugiés.
Mais est-ce fondé?

Celles et ceux qui sont tentés
d’exploiter politiquement
cette nuit de la Saint-Sylvestre
devraient faire preuve de retenue

Qu’au même moment, dans des proportions peu compatibles avec des phénomènes spontanés, des bandes organisées aient pu souiller ainsi, avec la volonté apparente de susciter le plus de victimes et de plaintes possibles, nos compagnes, nos soeurs, nos filles, apparente plutôt ces exactions à des actes de terrorisme, c’est-à-dire projetés et déclenchés dans le but d’obtenir un effet, qu’à des actes de délinquance et de criminalité qui n’ont pour objet que leur propre assouvissement.
Dans quelle mesure ces opérations nous déstabilisent-elles quand elles donnent une image des forces de l’ordre impuissantes alors que nous les savons mobilisées au même moment, et avec peu de répit, sur une catégorie de risques prioritaires.

Le moins que l’on puisse constater, à ce stade, c’est que ces nuits de la Saint-Sylvestre, ont fait des victimes directes, les femmes outragées par ces agressions, et des victimes collatérales, les réfugiés et celles et ceux, parmi les politiques, qui, au nom du droit d’asile que rien ne justifie d’assimiler à du laxisme, ont permis aux auteurs et assimilés comme tels de se trouver sur le territoire européen.

Depuis l’enlèvement des Sabines et jusqu’au viol, assorti de mutilations, utilisé au Congo par les rebelles, on sait que la violence faite aux femmes possède un pouvoir détonnant ou accablant considérable car il touche à la protection de la dignité, soit qu’on l’assure soit qu’on faillisse.

Les autorités s’étaient préparées à l’éventualité d’attentats d’une nature spécifique, ils ont été visés et dépassés par des attentats d’une nature inattendue. Il est légitime de le déplorer et de demander des comptes. Mais est-ce un hasard si, au cours de cette nuit épouvantable, nous ayons été touché dans ce registre précis? J’ai du mal, beaucoup de mal, à croire au hasard, ne fût-ce que pour des raisons de probabilités statistiques et encore moins si l’on se place au plan des bénéfices et dépens politiques.

Par contre, s’il s’agit d’exaspérer les populations, de placer les autorités légitimes dans un étau intenable et d’amener les citoyens à soutenir une politique qui renvoie, pour la Syrie, à Bachar El-Assad, pour la Russie à Vladimir Poutine qui, pour être un soutien indéfectible de Damas, ferme la porte aux réfugiés syriens sur son territoire, ou encore fournir un contexte propice à des discours ultra-nationalistes, le fait est que ces évènements représentent des facteurs utiles.
Ceux et celles qui sont tentés d’exploiter politiquement cette nuit de la Saint-Sylvestre – ou qui le font – devraient faire preuve de retenue.

Bien à vous.

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