Archives Mensuelles: février 2016

Quitter Athènes

Le choix honorable de ceux qui possèdent est d’être ce qu’ils ont. L’opportunité de ceux qui n’ont rien est d’être ce qu’ils sont, et non pas d’être la simple envie d’être ceux qui ont.
Il y a une crise de valeurs en ce monde. On ignore jusqu’où elle peut aller. C’est une crise inacceptable, qui par moment peut sembler insoluble compte tenu de la variété des intérêts et des légitimités qui s’y manifestent. Pour la satisfaire, et maintenir le système, des gens qui ne le méritent pas sont exclus. Lire la suite

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Le déplacement dangereux de l’enjeu syrien à la question kurde

Après que Bachar El-Assad eût utilisé le levier qu’ont mis à sa disposition Daesh et Al-Qaida pour mettre le peuple syrien à genoux, la Russie utilisera-t-elle le levier des Kurdes contre la Turquie, notre allié dans l’Otan et notre partenaire en Europe?
Il est possible de voir dans le changement de pied et de ton de la Russie à l’égard de Bachar El-Assad un tournant propice au cessez le feu auquel les protagonistes se sont engagés à Munich, peu avant que les bombardements s’intensifient sur Alep.

Il est vrai que chacun éprouve le désir d’en finir avec cette guerre et nous appelons de nos voeux les termes équitables d’une résolution de ce conflit, et ceux d’un nouveau départ pour la nation syrienne.
Mais où se trouve la rupture entre Vladimir Poutine et Bachar El-Assad?
Bachar El-Assad a affirmé sa volonté de pousser l’avantage que lui a procuré la Russie grâce à son engagement militaire jusqu’au bout, c’est à dire jusqu’à la restauration totale de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie d’avant 2011. Lire la suite

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Pour en finir avec le Merkel bashing

Si la dimension humaine seule n’y suffisait pas, il faut rendre justice à la chancelière Allemande Angela Merkel de résister au piège que Bachar El-Assad, Vladimir Poutine et l’Iran, voire Daesh, ont déclenché en utilisant contre l’Europe l’arme des réfugiés.

Pourtant, si cette notion d’arme des réfugiés a été utilisée en premier lieu au printemps et au cours de l’été 2015 avec les avancées de Daesh en Libye adressant des navires surchargés de réfugiés vers les côtes européennes, ce concept a pris une dimension tactique à partir de la Syrie et de ses populations d’innocents fuyant un pays ravagé et une terreur sanguinaire.

Disposer auprès de l’opinion publique européenne d’une telle capacité de déstabilisation constitue un atout non négligeable à l’heure où se joue, pour le régime de Bachar El-Assad et ses alliés, une épreuve de force avec l’Europe, et les Etats-Unis.

Ne pas comprendre que la crise des réfugiés est un moyen de pression efficace pour infléchir la position de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni et de semer entre les diverses capitales de l’UE des éléments de discordes dont il suffit de jouer, relève de la naïveté.
Accueillir les réfugiés dans les meilleures conditions possibles est donc un devoir humain, mais, surtout, l’affirmation d’une force morale et tactique face à ce que trament contre nous ceux qui, aux termes de ce qui ne peut pas ne pas être intégré à un calcul, provoquent ces exodes massifs, plaçant la Turquie, notamment, avec ses presque  3 millions de réfugiés, dans un étau intenable devant sa propre population et devant les opinions publiques européennes déboussolées.

C’est un plan terrible. Un défi dont on veut nous faire croire qu’il est sans fin et ne s’arrêtera jamais.
Mais s’il est une personne à qui il faut rendre justice, c’est la chancelière allemande. Elle s’est dressée en rempart face à cette opération de déstabilisation qui n’est pas qu’une conséquence naturelle mais est délibérée.
Il n’est pas impossible, dans un contexte où un mouvement comme Pégida tente de prospérer sur la réaction, que les événements de Cologne et tous les troubles se rattachant à une criminalité imputable aux réfugiés, ne soient pas téléguidés afin d’augmenter le niveau de stress de l’Allemagne face à ces tensions.

Si l’on prend en compte cette dimension, les « bisounours » changent de camp et l’humanité se conserve dans le même.
On peut être pleinement humain et fort.
Mme Merkel le prouve.

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Au sujet de l’égalité réelle

Sans préjuger de ce à quoi il aboutira, ceux qui se gaussent de la création du Secrétariat d’Etat à l’égalité réelle, sont sans doute du bon côté de l’égalité formelle pour pouvoir ironiser sur un tel sujet.
Il mérite, ce sujet, notre attention.

Il y a trop de gâchis toléré au sein de la République qui devient au fur et à mesure que les crises pèsent sur elle la République des cynismes. Qu’ils soient assumés collectivement, pour des raisons qui tiennent à ce qu’est devenue, en raison de notre désinvolture, la politique, ne les rend pas plus acceptables.

La République, fondamentalement, est l’ennemie du gâchis humain et le lieu normalement d’une espérance et d’une réalisation. Elle se place hors des coteries. Elle appelle chacun à se dépasser, à porter mieux et plus haut ce qu’il est au profit de tous.

Si cet effort est vain, et que cela se vérifie, au delà du prisme de la question des origines et de la couleur de peau, par ce qu’elle honore comme par ce qu’elle méprise, j’ai le regret de vous dire que la République est profondément viciée et que ce que l’on invoque n’a que peu de choses à voir avec le serment ou le voeu d’origine.
Cela signifie alors qu’elle trahit sa propre lettre et, pire encore, elle rend intolérable le sentiment d’inégalité qui n’a pourtant pas d’équivalent pour inspirer des excellences inattendues et des entêtements fructueux.

Que les gens puissent se rendre compte et constater dans leurs vies, dans l’appréciation qu’ils se font, d’expérience, des règles qui dominent une société, et deviennent serviles, obséquieux, cela suffit à faire de cette inégalité, qui devrait participer à une saine émulation nécessaire à la dynamique d’une société, un état vécu, à raison, comme un arbitraire et comme une injustice.

Une société qui établit un tel fonctionnement, installant la conviction que les dès sont pipés,  commet une faute au coeur de ce qu’elle est et veut démontrer.
Elle met le vice à la place de la vertu.
La question qui se pose, en définitive, est de savoir si la question de l’égalité réelle sera posée et traitée sur le plan cosmétique, ce qui ajouterait une désinvolture coupable, ou comme la situation requiert, faisant d’un pays qui s’enorgueillit d’être celui des Idées celui des lubies.
Le succès que l’ironie blasée a remporté lorsque ce Secrétariat d’Etat a été annoncé est assez éloquent déjà sur l’élan auquel nous porte notre préférence collective.
Pourtant…
Pour faire fleurir un jardin, il faut aimer les fleurs.
La République doit suivre le même tropisme.
#Egalité Réelle

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Agonie des systèmes financiers

Faut-il redouter les effets de la crise financière et boursière dont témoigne la chute récente de plusieurs des indices auxquels sont attachées les places financières qui se scrutent mutuellement, recherchant les raisons de sauver ce qui reste de confiance?
Au delà des appréciations techniques, cela ressemble à des incantations vaines. Lire la suite

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L’humanité doit devenir adulte

La qualité et la pertinence des devoirs que l’on s’assigne, c’est cela qui fait la réalité de la valeur d’une civilisation. Les crises constituent les épreuves par lesquelles nous sommes fondamentalement interrogés sur notre potentiel de grandir, de nous transformer, de nous améliorer.

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Le sacrifice d’Alep ne doit pas avoir lieu

Nous devons prêter une attention redoublée à la convocation militaire à laquelle la Syrie, la Russie et l’Iran, à travers les forces qui sont dédiées à la Révolution Islamique, se prêtent auprès de l’Arabie Saoudite et de EAU qui se disent prêts à dépêcher des troupes aux sol.
Le régime syrien, auquel la Russie apporte une décisive contribution, comme le général Mahamad-Ali Jafari promettent que les soldats qui violeront la souveraineté du sol syrien (sic) reviendront entre quatre planches et mettent au défi les Etats du Golfe de passer des paroles aux actes.
«Ils [Les Saoudiens] ont émis une telle affirmation mais je ne pense pas qu’ils soient assez courageux pour le faire… Même s’ils envoient leurs troupes, elles seraient certainement détruites… ce serait un suicide», a fait savoir Mohammad Ali Jafari.
Il y a derrière cela une stratégie dont cDamas, Moscou et Téhéran pensent pouvoir se répartir les futurs intérêts.
Ils doivent savoir qu’ils n’en tireront aucun.
Je note, pour disposer de quelques amis facebook présents à Alep, que certains d’entre eux pointent l’alliance objective qui unit Daesh et le régime de Bachar El-Assad qui assurent conjointement le siège d’Alep plutôt de se livrer à la guerre contre le terrorisme, qui était censée être l’objet de l’intervention de la Russie de Poutine.
Les événements témoignent que cela appartient – comme les flux de réfugiés provoqués et dont la gestion de la Turquie jusqu’à Calais, Cologne, etc, provoque une déstabilisation délibérée des démocraties européennes et menace l’UE – à un autre registre.
J’ai, pour ma part, développé cette analyse. Non seulement je le la crois pas si éloignée de la réalité mais je pense qu’elle la rejoint davantage que celle que forment les nuées d’experts.
Alep ne doit pas mourir et écraser sous ses décombres et ses morts la vérité de ce désastre pitoyable ainsi que les arrière-pensées stratégiques qui l’ont animé et qui ont été tenues en échec.
Le jeu est complexe, mais je crois que Téhéran peut changer de pied.
La Révolution Islamique est de moins en moins la nation iranienne et ses agissements se retourneront contre elle.
Quant à la Russie de M. Poutine, il est temps qu’elle poursuive autre chose qu’une conquête géo-politique qui finira par l’épuiser davantage qu’elle n’épuise ceux qu’elle agresse.

https://enattendantlarenaissance.wordpress.com/2015/11/17/sauver-bachar-el-assad-a-tout-prix-pourquoi/

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Les cycles et la permanence

Nous devrions, nous humains, nous investir dans ce qui réalise notre permanence et nous délivrer des cycles si nombreux qui nous gouvernent, car tout porte à penser que leur forme et leur pression vont s’accroître et se diversifier. Un grand nombre de nos constructions physiques et de nos modélisations sociales et intellectuelles sont liées et mues par la conscience que nous avons des cycles à commencer par ceux du temps, des saisons, de la vie et de la mort, de nos sentiments et de nos passions.
Loin de nous en émanciper, nous nous adonnons corps et âme à l’alternance de passions contradictoires, que nous avons inscrite dans le déroulement de la vie démocratique, appréhendée comme la succession de passions et d’accords partisans et idéologiques. Lire la suite

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Julian Assange, ses fantasmes sont sa prison

Julian Assange est de retour. Le fondateur de wikileaks possède une compétence rare. Il a l’art de se jouer des systèmes et des Etats, ce qui lui vaut d’avoir été à la fois placé sur un piédestal et d’être consacré comme la figure de proue du mouvement des lanceurs d’alertes.

Quelle période sinistre, tout de même, que celle qui fait peser sur certains Etats, le soupçon de manipulation, d’espionnage, de complot global, et porte aux nues un personnage aussi trouble que M. Assange dont on ignore tout des desseins qu’il poursuit, en se satisfaisant, parce que cela flatte la vanité médiatique, de l’idée  qu’il est un chevalier blanc mû par l’idéal de rendre la vérité aux peuples.

Depuis hier (5/02/2016), les médias se gargarisent donc du fait qu’un comité de l’ONU considère la situation de M. Assange comme « détention illégale » et qu’il a été « arbitrairement détenu ».
Les médias, qui considèrent M. Assange comme un des leurs et ont généralement pris fait et cause pour le fondateur de Wikileaks, raisonnent d’une étrange façon car M. Assange ne fait pas l’objet d’une détention.

Il convient de ne pas le perdre de vue. A sa propre demande, il s’est réfugié, pour échapper à des requêtes judiciaires liées à une accusation de viol sur laquelle il est impossible de se prononcer a-priori, à l’ambassade de l’Equateur à Londres.

S’il y a « détention illégale », où se trouve-t-elle sinon dans le fait de cette soustraction délibérée de M. Assange aux demandes de la justice suédoise et britannique. C’est lui-même qui se détient? Ou est-ce l’ambassade de l’Equateur qui le prive de liberté?
Peut-être, avec le recul, M. Assange a-t-il fait le choix de s’enfermer dans les propres fantasmes qu’il alimente et dans lesquels il tente de nous enfermer avec lui.
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Revenu universel: autour d’une idée qui grandit

Parmi les économies des pays aux économies avancées, peu sont celles qui sont épargnées par les difficultés, que celles-ci soient liées au chômage ou aux difficultés liés aux travailleurs pauvres, à l’accroissement des inégalités, à la paupérisation, aux précarités, aux limites des traitements sociaux ou fiscaux du chômage. Lire la suite

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