Agonie des systèmes financiers

Faut-il redouter les effets de la crise financière et boursière dont témoigne la chute récente de plusieurs des indices auxquels sont attachées les places financières qui se scrutent mutuellement, recherchant les raisons de sauver ce qui reste de confiance?
Au delà des appréciations techniques, cela ressemble à des incantations vaines.

Dans la Tribune de Genève du jour (16 février 2016) où la question, comme dans la plupart des médias, se  pose, les experts se rassurent, à défaut de rassurer les populations,  comme ils le peuvent. « Non, non et non! Nous ne sommes pas encore menacés par la troisième crise financière du XXIe siècle. Le démon des subprimes et celui des dettes souveraines, apparus respectivement en 2008 et 2011, ne sont pas sur le point de resurgir. », se défendent les spécialistes.
Pourtant, ce diagnostic ne dissipe pas les inquiétudes et il ne manque pas d’analyses, de rebonds divers et variés d’analyses, pour expliquer la situation financière stagnante, chaotique, l’hyper-sensibilité, que les politiques engagées au plus haut niveau ne semblent pas parvenir à relever.
L’économie mondiale est fragile et est maintenue sous perfusion.

Le ralentissement de la Chine, l’atonie européenne, la chute des prix du pétrole, sont autant de facteurs invoqués, parmi d’autres qui y concourent, pour expliquer la lantence et la désespérance des systèmes financiers avec le risque croissant de voir les bourses dévisser alternativement autour de leurs valeurs de référence.
Les divers traitements engagés par les banques centrales, par les gouvernements, au cours des décennies qui sont celles de la mondialisation et de l’économie globale, nous ont permis d’éviter le pire, c’est à dire de voir un krach se propager et renverser l’ensemble des économies avec des effets désastreux.
Ce danger n’est pas écarté. Il s’accroît. Certaines puissances ne l’alimentent-elles pas?

Il faut rendre hommage aux économistes et aux responsables d’avoir su imposer, dans des situations critiques, des actions qui ont permis d’éviter le naufrage aux économies et des réactions en chaîne dont on ignore jusqu’où elles auraient pu aller.
Le système a été sauvé et quand on sait que c’est lui qui nous fait vivre, en pérennisant et stabilisant les conditions et les structures qui permettent l’activité, il me semble que nombreux de ses contempteurs devraient être reconnaissants à celles et ceux qui veillent à cet organisme vivant si complexe et si sensible.

Face à cet effort, certains rêvent d’annuler les effets d’une mondialisation qui brasse les intérêts particuliers en faisant émaner, au dessus d’eux, un intérêt général de haute collaboration. Le discours sur la souveraineté nationale, et son succès sans doute, tient probablement à l’illusion puissante et persistante que la maîtrise politique de la monnaie et des frontières entraîne la maîtrise pleine de son propre destin.
Rien n’est moins sûr. L’anachronisme est rarement une solution à la réalité du présent, même s’il constitue un puissant outil de cristalisation idéologiques autour desquelles se synthétisent et se distinguent divers courants de pensée et de radicalisation.

Si la mondialisation heureuse
est devenue une mondialisation malheureuse,
c’est, probablement, que l’économie est devenue
celle du mal vivre plus que celle du bien-vivre

La question que pose le système, dans le termes et les dimensions qui lui appartiennent au risque d’échapper à notre entendement, est la suivante: l’économie du XXe siècle est-elle opérante au XXIe? Peut-elle l’être?

Peut-on transposer le paradigme qui s’est construit sur des dynamiques qui sont celles de la longue marche de la révolution industrielle, de l’accès et la valorisation des ressources, de la démocratisation de la consommation, de l’accès aux services et aux biens, au XXIe siècle qui appelle, compte tenu des bouleversements dont il est le siège, vraisemblablement une remise à niveau?
Si la mondialisation heureuse est devenue une mondialisation malheureuse, c’est, probablement, que l’économie est devenue davantage celle du mal vivre que celle du bien-vivre.

Une chose est sûre, c’est que ce nouveau temps qui s’ouvre et réclame que nous soyons dans nos actes à hauteur de nos espérances, ne peut pas rimer avec le gâchis, qu’il soit humain, social, éducatif, économique et qu’il n’y a pas, ou beaucoup moins qu’auparavant, de modèle de prospérité qui puisse être bâti et partagé durablement si la pauvreté et la précarité en devaient être le prix.
Ce hiatus est cause des cataclysmes.

Ici, mais n’est-ce pas  
ce qu’elle est depuis son apparition,
l’économie est notre juge

Le désarroi s’empare des peuples et pèse de plus en plus lourdement au fur et à mesure que les gens se rendent compte que les mutations technologiques extraordinaires qui inaugurent le temps de mondialisation ne tiennent plus, de la même manière qu’elles l’ont fait jusque là, la promesse du plein emploi tenu pour clé exclusive de reconnaissance et facteur essentiel de dignité.

Il faudrait accepter des systèmes totalement autistes, ceux auxquels une minorité d’entre nous accepteraient de soumettre ceux qui en sont écartés, pour produire dans le contexte de mondialisation qui est le nôtre aujourd’hui un degré de confiance tel qu’il permettrait de vaincre l’inertie du système et conjurer sa pétrification qui gagne autour de quelques vecteurs de prospérité.

On ne se sauve qu’en se sauvant tous. Ce que disent et attendent fondamentalement les systèmes financiers qui attendent des politiques les réformes de pensée qui épouseraient leur temps et en rendraient compte. Il ne s’agit pas là d’utopie à élever, mais d’introduire de la raison, beaucoup plus de raison afin de dissoudre, d’un côté, les incertitudes et de l’autre, d’élever des convictions profitables au plus grand nombre.
Ici, mais est-ce que cela n’est pas son propre depuis son apparition et qu’elle nous dirige, l’économie est notre juge.
On ne la trompe pas longtemps sur la nature de ce qu’on lui impose sans qu’elle finisse par se retourner violemment.

J’ai retrouvé le niveau de précarité absolue qui a été la mienne lorsque les premiers billets de l’Euro ont fait leur apparition. Je sais une chose à propos de l’argent. Je suis présent dedans, au niveau moléculaire et substanciel.
J’ai cette acuité et tous devraient l’avoir et la cultiver.
J’avais même imaginé, à cette époque, qu’une devise propre à notre espace européen y serait appropriée afin d’y énoncer notre conviction. J’avais conçu qu’une telle devise pourrait être: « Nous croyons dans le meilleur de l’Homme ».
Elle frapperait la monnaie ficudiaire – la fiducie se rapportant, selon le Larousse, à des valeurs fictives, fondées seulement sur la confiance accordée à celui qui les émet -, comme elle frapperait l’esprit.

D’une certaine manière, en représentant des figures ou des réalisations marquantes sur les billets, c’est ce que nous disons sans le dire, ou en le disant de moins en moins pour ne retenir et nous confondre que dans la sur-représentation matérielle et égotiste.
Pour le moment, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne satisfaisons pas, en terme de conscience de nos devoirs et d’expression de nos résolutions, l’aspiration des systèmes économiques à une cohérence et une compatibilité à ce temps.
Jamais il ne nous a offert, pourtant, autant d’opportunités de manifester une meilleure présence au monde.
Quelles conséquences humaines en tirer?

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