Réfugiés: la Turquie exerce-t-elle un chantage

Beaucoup, à droite, à gauche, au centre, dénoncent le chantage auquel se livrerait la Turquie sur la question des réfugiés.
On a besoin d’elle, mais on n’aime pas la Turquie pour des raisons qui ne sont pas forcément des plus nobles, qui ne sont pas animées par une exigence de justice et qui ne sont pas exemptes d’arrière-pensées politiques.
La Turquie accueille près de trois millions de réfugiés et nous lui demandons des efforts supplémentaires, car la gestion de l’accueil  des réfugiés compromet Schengen, met à mal la cohésion des Etats de l’UE, favorise la montée de la xénophobe et du repli sur soi.

Par contre, si j’ai bien lu Le Figaro, et notamment les propos de M. Eric Ciotti, qui n’est pas le dernier à considérer la demande de la Turquie comme un chantage indigne, auquel nos chefs d’Etat auraient donc tort – signe de leur faiblesse – de se plier, donc si j’ai bien lu M. Ciotti, citant un rapport de la Cour des Comptes en octobre 2015, l’accueil des réfugiés constitue une véritable bombe à retardement budgétaire.
C’est ce risque que le député Les Républicains a agité en octobre dernier lorsqu’il s’est confié au Figaro.
Reprenant à son compte un rapport parlementaire, le député des Alpes-Maritimes n’y allait pas avec le dos de la cuillère pour chiffrer le coût des« 33000 réfugiés accueillis par la France » à 500 millions d’euros.
La Turquie accueille déjà plus de 2,7 millions de réfugiés. Et nous lui demandons des efforts supplémentaires pour alléger notre propre charge.

Alors, si les évaluations sont sincères et que l’on rapporte les chiffres dont s’alarme M. Ciotti au nombre de réfugiés présents en Turquie, qui en accueille près de 3 millions,  donc le rapport est de 1 à 90, et selon cette évaluation, le coût pour la Turquie serait de 45 milliards d’€.
Bien sûr, ce coût est à pondérer sans doute si la Turquie a estimé dans un premier temps la contribution de l’UE à ses besoins à 3 milliards et demandé 3 milliards supplémentaires lors du dernier Conseil Européen Extraordinaire du 7 mars 2016.
Reste un principe qui devrait consister à ne pas déprécier la valeur de l’effort de la Turquie quand, prenant motif du coût, nous nous en déchargeons nous-mêmes, en y ajoutant des procès infamants destinés à semer toutes sortes d’embuches sa route vers l’intégration européenne à laquelle elle aspire.
Il faudrait commencer par voir la poutre dans notre oeil avant de chercher la paille dans celui d’Erdogan.
Nos démocraties sont malades.

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