Archives Mensuelles: décembre 2018

Barcelone, Valls, et l’Angélus de la conscience neuve

Je fonde beaucoup d’espoir dans la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone. J’ignore tout des rapports de forces politiques qui y sont établis et des chances que possède l’ancien Premier ministre français, adossé sur le mouvement Ciudadanos.
Il n’empêche, cette candidature fait plaisir à voir. Elle représente un courant d’air pur alors que l’Europe entière sent  le renfermé et est intoxiquée par les odeurs jaunes de souffre.

La dernière fois que j’ai pris la plume dans le cadre de cette publication, c’était la 1er octobre 2017, à l’occasion du soulèvement indépendantiste en Catalogne et je m’étais contenté de livrer une réflexion intitulée « Le supplice de la Sagrada Familia ».
A travers le coup de force constitutionnel des Indépendantistes catalans, c’est le malheur que je voyais se cristalliser, non seulement entre Barcelone et Madrid, mais, comme le symbole des maux qui le minent, à l’échelle de notre continent européen.

Alors, oui, dans ce contexte, je reconnais à M. Manuel Vals quelque chose qui va au delà du courage politique et bien que je ne sois pas dans sa tête, j’imagine que le choix de se porter à la conquête de la cité catalane est animé par la volonté de soutenir la place incomparable, symboliquement et culturellement, qu’occupe Barcelone dans nos cœurs et dans l’espace européen.

S’il y a un lieu où son propre itinéraire, son état civil comme sa famille, sa culture, devait le ramener, c’est incontestablement à Barcelone. C’est en ce lieu, et non à Evry ou dans l’Essonne, ou même à l’Assemblée nationale, que son expérience d’homme d’Etat peut lui permettre de servir le rayonnement de cette cité et de redresser sa dignité.
C’est là, à Barcelone, que Manuel Vals peut donc être utile à son temps, autant qu’à ses nouveaux électeurs et aux citoyens au service desquels il ambitionne de se mettre.
C’est, enfin, ici, à Barcelone, qu’il peut redonner à la « Catalanité » le caractère universel et lumineux qui est en train de lui échapper.
Cette catalanité constitue une force vitale.

L’enjeu, au sein d’une Europe malade, considérée par certains comme illégitime du point de vue historique, n’est pas limité au seul développement et à l’ancrage de la capitale catalane. L’enjeu est de faire retentir dans l’espace européen un son de cloche audible de tous parce qu’il redonne une petite chance à l’espoir de recouvrer une unité au sein de la famille européenne.
L’enjeu, c’est de répercuter ce petit son de cloche, de Barcelone à Madrid, de Londres à Berlin, de Paris à Rome, de Varsovie à Bucarest, etc, et, partout, faire résonner « l’angélus de la conscience neuve » pour reprendre l’expression si exacte de Jules Romain dans « La vie unanime ».
Il peut venir, ce son de cloche, de Barcelone et du point focal inattendu que représente sa cathédrale électorale.

Cela fait un grand enjeu pour les citoyens barcelonais car il y a dans la candidature de Manuels Valls la mesure du destin de Barcelone en tant que pôle européen. Un enjeu qui les dépasse peut-être mais qui les investit, qu’ils le veuillent ou non, au delà de l’intérêt municipal de la capitale catalane.
Eux seuls voteront le 26 mai 2019. Le même jour, ils voteront, d’ailleurs, pour les élections européennes.
Deux scrutins qui s’inscrivent comme un baptême dans les eaux du suffrage universel pour faire revenir l’Europe à ce qu’elle est; la restituer à ce qu’elle doit devenir.
J’ai envie, en tant que compatriote de Manuel Valls et de patriote européen, de compter sur eux.

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