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Essor du FN: où s’arrêtera la médiocrité nationale?

Encore une nouvelle soirée électorale placée sous le signe de l’avancée du Front National qui vient confirmer sa domination, au sortir du premier tour des élections régionales, sur le jeu politique français pris au piège de sa propre vacuité par une vacuité plus grande encore. Plus périlleuse encore que toutes celles qui nous sont passées dessus.
Celle qu’incarne le Front National.

Où s’arrêtera la médiocrité nationale? 
C’est la question que je me pose, à voix haute, alors que la délibération électorale offre ce spectacle effarant.
Où s’arrêtera la médiocrité nationale?
Mon épouse fournit la réponse: Quand les Français se rendront compte que tout cela est de la médiocrité.

J’ai accompli mon devoir civique ce dimanche tout en n’ayant, le plus souvent pour les partis politiques, qu’un grand, qu’un immense mépris, car – et cette lente descente aux enfers à laquelle nous assistons avec l’emprise qu’exerce désormais le Front National sur notre vie nationale le confirme –  le constat s’impose que la Politique, devenue vilement partisane, dessert plus qu’elle ne sert la réalité du pays.
Toute sincérité est bannie au profit de polémiques.
Tout n’est que calcul. Positionnement. Rhétoriques.
La vérité n’intéresse plus grand monde. Elle est désertée.

Je le dis, avec fermeté, il faut que les Français saluent la vision de De Gaulle quand il a forgé une Constitution destinée à nous protéger de nous-mêmes. Avait-il imaginé une telle submersion politico-médiatique?
Sans elle, depuis quand aurions-nous déjà sombré, corps et âmes?
Ah, comme il avait raison, le général, de se méfier des partis politiques et de placer le président en clé de voute, au dessus des partis…
Cette Constitution est, après le supposé discernement des Français, notre bien le plus précieux.
Les partis politiques, et le FN avec une nocivité inégalée, sont parvenus à altérer le discernement des mes compatriotes.
Alors, il ne reste que la Constitution et les institutions qu’elle consacre.
Ce ne sera pas suffisant.
Cela permettra jusqu’en 2017, à François Hollande de conserver le contrôle de ce puissant et prestigieux vaisseau qu’est la France, fait pour croiser au large de l’histoire et de porter un étendard particulier, mais que les Français s’obstinent à conserver en rade, pour pouvoir passer leur colère dessus, ayant désappris qu’ils étaient embarqués dessus.

Mon épouse déplore: Il n’y a plus de grand homme politique qui pénètre l’Histoire. C’est ce constat lapidaire que lui inspire ce nouveau degré atteint dans la dégradation.
Mon épouse, comme une très grande majorité d’épouses, a raison.

Jamais, dans l’histoire humaine, nous n’avons été en mesure de lever un souffle aussi vivifiant sur le monde, d’ouvrir les portes à une ère nouvelle, jamais les menaces que génère une telle espérance n’ont été aussi fortes, et qu’entendons-nous, dans les campagnes? La lourde fatigue d’un peuple.
Il y a l’Europe. Il y a la mondialisation, avec ce recul de la pauvreté et l’émergence de régions et de populations qui n’avaient aucun droit jusqu’à présent. Il y a cette oeuvre si grande à alimenter, à faire tourner à son meilleur régime, à ajuster et, sur le son d’une Marseillaise et en se réclamant d’une Jeanne d’Arc qui n’a rien demandé de tel, une galerie vient nous amuser et prétend faire monter le peuple au trône quand ils ne sont ceux, les sièges où nous accèderions, que ceux de la facilité et de la médiocrité.

Le triomphe des Le Pen
fait peine à voir

Que d’impostures et de sacrilèges. On convoque le patriotisme pour s’autoriser à détester le musulman, l’arabe. Un autre dit qu’on n’a pas été assez ferme avec la République comme si la République était une fermeté avant d’être une intelligence, une disponibilité à l’intelligence et à la bienveillance.
Alors, tout le monde gonfle sa poitrine et s’imagine Enfants de la patrie pour venger l’outrage pour peu qu’on lui désigne l’ennemi.
Mais il faut se convaincre d’une chose : des enfants de la patrie livreraient bataille contre l’ineptie pour imposer la raison fraternelle, la foi dans le semblable, qui est la loi de la République.
Des enfants de la Patrie iraient terrasser les armées de l’ombre plutôt qu’y mêler leur silhouette. Il éclairciraient les horizons plutôt que de les assombrir.
La démocratie ne sert pas autre chose que le rayonnement de la République. Pas son assombrissement.
Et s’il y a une carence attestée, ce qu’implique la République, c’est d’apprendre à se réappropier les valeurs et de sceller grâce à elles des pactes féconds avec le monde d’aujourd’hui, pas celui du siècle dernier ou de l’époque de Charles Martel et de Soliman le Magnifique.

Moi, même en piteux état, je demeure un enfant de la Patrie. Et la première, la seule peut-être, qualité d’un enfant de cette Patrie,  c’est de reconnaître où est son combat et de ne pas confondre, la poitrine exagérément gonflée, le courage avec la désertion, la dignité nationale avec l’infâmie nationale.
Quand 30 % des gens votent pour un parti islamophobe, qui veut faire du catholicisme une ceinture de chasteté, que tant d’entre nous se laissent aller à l’outrance, à l’amalgame, en désignant le musulman comme étranger, il ne faut pas parler de courage intellectuel, ni d’acuité. Il faut parler de désertion et d’aveuglement.
Ce camp-là n’est en aucun cas celui des enfants de la patrie qu’exalte notre hymne national.

Les seuls sentiments qu’ils ne parvient à faire vibrer, ce sont ceux du vandalisme et de la profanation qu’affectionnent, je crois, les nihilistes, les désoeuvrés et sbires néo-nazis, et ceux qui, aujourd’hui, arborent si fièrement leur vote frontiste, le dénonceront aussi vigoureusement demain.
Il est probable  qu’ils se demanderont, dans le secret de leur conscience, ayant été édifiés depuis 50 ans sur les heures noires de l’histoire à grand renfort de cours, de témoignages, d’expositions, de voyages dans les lieux de la Shoah, comment, en substituant au juif l’arabe et en introduisant la notion d’islamo-facisme, ils ont pu se laisser prendre et entraîner dans de tels courants.
Comme le mal est retors et comme cela nous éloigne de la grande histoire de France.

Le triomphe des Le Pen fait peine à voir.
Au regard de ce qu’est la France.
J’ai déjà dit où est sa plus grande imposture. Celle qui ne se voit pas.
Compte tenu des circonstances historiques exceptionnelles que la France mais aussi l’Europe connaissent, faut-il en effet se résoudre à voir un parti tel le FN, inféodé à Moscou, adversaire de l’Europe, accroître sa mainmise sur l’imposture à quoi il a réduit et instrumentalisé le sens de la souveraineté nationale?
Il y a l’occasion, à partir d’aujourd’hui, de reforger une alliance républicaine révivifiée.
Au delà des appareils partisans, une France attend.
La France attend.

Bien à vous.

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Versailles mérite mieux que des allégeances serviles

Un certain nombre de nos politiques, de droite comme de gauche, somment le gouvernement de renverser ses alliances en sacrifiant les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Aucun sophisme – et il n’en manque pas à leur registre – ne parviendra à masquer pourtant ce que constituent les « inflexions » voulues. Elles nous préparent un Munich d’une nature inédite, car quel effondrement moral et physique est plus vaste que celui qui fait accomplir ce que les coups que vous portent un ennemi quelconque visent à obtenir de vous, et ce la fleur au fusil. Lire la suite

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De la nature d’une parole forte en politique ou ailleurs

Qu’est-ce qu’une histoire humaine sinon la succession de paroles suffisamment fortes et incidentes pour redonner vie à une nation au prix d’en briser le statu quo et cela afin de reforger la clé, devenue inopérante, de son destin. Les événements qui ont marqué au fer rouge de la terreur la nation française au cours de ce mois de janvier, sont de nature à provoquer ce qui semble être attendu par un peuple qui se morfond dans une histoire commune qu’il peine à revendiquer au-delà des postures fusionnelles. Lire la suite

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Du bonheur inestimable de pouvoir injurier l’avenir

Quelle est donc la vocation d’un budget sinon de fortifier plutôt qu’épuiser l’état d’une nation et de lui permettre ainsi de satisfaire à ses besoins, ses ambitions, et d’accroître la richesse produite par l’ensemble des citoyens qui va mesurer, à travers le PIB, la vitalité du système économique, et l’adéquation de la culture, de la politique fiscale, à cet objectif?

Toutes les matières du savoir, fondamentales ou appliquées, participent à l’essor économique dans leurs explorations et approfondissement, y compris les sciences humaines, qui, si elles demeurent ce qu’elles doivent être, fournissent un sens moral à cette effort de construction, d’amélioration, sans cesse renouvelé et dont le but est le bien commun et l’attachement à ce qui génère la dynamique et la cohésion collective ainsi que le rayonnement de nos valeurs. Lire la suite

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