Archives de Tag: Poutine

L’omniprésent oeil de Moscou

Dans un article consacré à la montée des tensions entre les Etats-Unis et la Russie, Patrick Saint-Paul, du Figaro, consent à énumérer les soupçons de manipulations de la Russie sur les démocraties.
Je note particulièrement, en fin d’article, le passage qui concerne la montée de l’AfD, le parti populiste allemand qui a, aux dernières élections, fait voler en éclat la position centrale de la CDU, le parti de la chancelière.Voir l’article


« En Allemagne, le Kremlin est soupçonné d’instrumentaliser le parti populiste AfD (Alternative für Deutschland) pour déstabiliser la chancelière… Avec Angela Merkel, les relations avaient été cordiales jusqu’à ce que la chancelière se mette en travers de sa route en Ukraine. »
, écrit Patrick Saint-Paul.

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Poutine suspend un accord sur les stocks de plutonium militaire

Vladimir Poutine a signé ce lundi 3 octobre un décret suspendant un accord signé en 2000 et amendé en 2010 avec les Etats-Unis. Ce décret portait sur la limitation des stocks de plutonium destinés à la fabrication d’armes nucléaires et prévoyait alors que chaque camp devait éliminer 34 tonnes de plutonium. Selon Hilary Clinton, secrétaire d’Etat au moment de la signature de l’accord, dit du PMDA (Plutonium Management and Disposition Agreement),  les quantités disponibles étaient suffisantes cependant pour équiper 17000 armes nucléaires. [Source Tribune de Genève]

Vladimir Poutine ne considère apparemment pas, ou veut nous le faire croire, ce volume suffisant.
Le décret présidentiel souligne dans son préambule que cette décision est justifiée par « l’émergence d’une menace sur la stabilité stratégique, résultat d’initiatives inamicales de la part des Etats-Unis d’Amérique à l’égard de la Fédération de Russie ».

La Glasnost, avec sa succession continue de gestes bilatéraux pour le désarmement nucléaire, semble désormais a des années-lumières. En fait de transparence mutuelle, c’est à un jeu d’ombres périlleux que la Russie nous condamne en se posant, en permanence, dans un statut de victime.

Un statut de victime d’un impérialisme qui serait placée par conséquent dans la situation légitime de pouvoir défendre ses intérêts face aux Etats-Unis qu’elle avait placé, dans sa stratégie de sécurité nationale, en 2015, au rang des menaces. Tout comme l’OTAN, désignée en permanence comme l’ennemi qui créé la tension.

« La Fédération de Russie, en conduisant sa politique intérieure et étrangère de manière indépendante, entre en conflit avec les Etats-Unis et ses alliés, qui cherchent à maintenir leur domination dans les affaires internationales. », était-il écrit dans le marbre de la doctrine de sécurité nationale.

Un an après, un cran supplémentaire est enclenché. Poutine s’enferre sur l’Ukraine. Poutine s’enferre sur la Syrie. Et il s’enferre même s’agissant des conclusions de l’enquête sur la destruction, le 17 juillet 2014, de l’avion de Malaysian Airlines et de la mort de ses 298 passagers et membres d’équipage.

Il faut que craindre que la décision du Kremlin sur le nucléaire militaire marque un tournant  en terme de sécurité collective. Il dépasse la notion de la reprise de guerre froide et les questions de défense purement stratégique, aucun des dispositifs ne pouvant être pris au dépourvu.

Mais un de ses impacts non négligeables, au moment où la communauté internationale éprouve tant de difficultés à obtenir de la Corée du Nord, voire de l’Iran, du Pakistan ou de l’Inde, l’abandon de toute prétention en matière de prolifération nucléaire, tient au fait qu’un membre du Conseil de Sécurité de l’ONU s’affranchit des accords qu’il a lui-même signé alors qu’il dispose, à n’en pas douter, d’un potentiel de dissuasion suffisant et d’un droit de véto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour se faire respecter, s’il ne s’agissait que de cela.

C’est plus qu’un accroc, c’est une porte ouverte sur l’inconnu avec la perspective, au bout des manoeuvres d’intimidation auquel concourt ce nouvel acte, du retour et de l’extension potentielle du régime de la terreur nucléaire.

 

 

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Le déplacement dangereux de l’enjeu syrien à la question kurde

Après que Bachar El-Assad eût utilisé le levier qu’ont mis à sa disposition Daesh et Al-Qaida pour mettre le peuple syrien à genoux, la Russie utilisera-t-elle le levier des Kurdes contre la Turquie, notre allié dans l’Otan et notre partenaire en Europe?
Il est possible de voir dans le changement de pied et de ton de la Russie à l’égard de Bachar El-Assad un tournant propice au cessez le feu auquel les protagonistes se sont engagés à Munich, peu avant que les bombardements s’intensifient sur Alep.

Il est vrai que chacun éprouve le désir d’en finir avec cette guerre et nous appelons de nos voeux les termes équitables d’une résolution de ce conflit, et ceux d’un nouveau départ pour la nation syrienne.
Mais où se trouve la rupture entre Vladimir Poutine et Bachar El-Assad?
Bachar El-Assad a affirmé sa volonté de pousser l’avantage que lui a procuré la Russie grâce à son engagement militaire jusqu’au bout, c’est à dire jusqu’à la restauration totale de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie d’avant 2011. Lire la suite

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Retour vers le Futur (Back to Future)

L’Europe traverse une épreuve majeure.
Un nombre croissant d’eurosceptiques aura beau prétendre que l’Union Européenne usurpe son rôle et son identité, la construction européenne, depuis que ses bases ont été posées, est un édifice réel et dynamique.
Il ne lui a fallu que quelques dizaines d’années pour s’affirmer, pour s’ouvrir et s’élargir, ainsi que sa nature, sa géographie et sa projection l’y portent.
Les empires immobiles ne sont pas immuables. Ils périssent, vaincus par les forces qu’eux mêmes génèrent en voulant se protéger et en lâchant la proie pour l’ombre. Lire la suite

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Qui, sinon la Russie, a besoin du pétrole?

A l’écart de l’intérêt du monde, auquel ils sont pourtant liés, la Russie de Poutine et l’Iran de la République Islamique, déroulent les termes d’un scénario qui doit aboutir – à partir de la guerre qu’ils prétendent mener contre le seul terrorisme incarné par Daesh, Al-Qaida et les autres nébuleuses associées, dans notre propre intérêt – à une accumulation explosive des tensions.
La tentative de réunir une large coalition, comprenant les Etats-Unis, la France, notamment, comme celle consistant à obtenir un mandat onusien ont fait long feu.
La Russie fait cavalier seul dans cette guerre qu’elle prétend mener contre le terrorisme.
Beaucoup, dans les opinions publiques, s’en réjouissent aujourd’hui.
Il y a de l’aveuglement dans cette démission devant la nature et l’importance des enjeux. Lire la suite

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Si les Chinois voient l’heure dans l’oeil d’un chat

Si nous ne parvenons pas, malgré ce qui semble être une accumulation d’évidences et compte tenu des a-priori positifs qui accompagnent l’action russe, à déterminer si les attaques de l’aviation russe ont atteint Daesh (Etat Islamique) ou si elles étaient destinées aux opposants au régime de Bachar El-Assad, comment espérer comprendre les motivations des « terroristes » qui ont porté leurs coups en Chine. Au lendemain de l’engagement de la Russie auprès de Damas, un nouvel attentat de nature islamique s’est produit au Xijiang, en Chine, causant 31 morts et il n’est pas illégitime, les coïncidences étant rarement le fruit du seul hasard, de se poser des questions pertinentes. Lire la suite

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Même devant l’ONU, la prestidigitation est un art majeur

J’ai suivi, ce lundi 28 septembre 2015, l’assemblée générale des Nations Unies et ce qui en a été rapporté, parfois, souvent, ne correspond pas à ce que j’ai vu et entendu, que ce soit dans la presse écrite ou encore dans les chaines d’information continue.
C’est particulièrement le cas à la fin du discours de Barack Obama. Personnellement, j’ai trouvé un grand orateur, parfaitement à l’aise et qui n’a pas besoin, ce qui se conçoit bien s’énonçant aisément, de lire son texte, car il incarne lui-même les valeurs qu’il s’efforce de transmettre et qui me paraissent concorder avec celles que promeut l’ONU. Lire la suite

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C’est pas beau, la vie?

L’ONU devrait s’emparer de la question relative aux drames, et particulièrement celui survenu à Mina, qui endeuillent l’Arabie Saoudite et le monde musulman. La sensibilité des opinions publiques est, je le crains, exploitée ici avec un rare cynisme et le rôle de l’Iran, avant de pouvoir accorder la confiance internationale à Téhéran, doit être étudié pour laver la République Islamique de tout soupçon.

La manière dont Téhéran a exploité le drame pour remettre en cause la légitimité de l’Arabie Saoudite interroge d’autant plus que, si l’on en croit la Saudi Gazette ce sont des pélerins iraniens qui, progressant en sens inverse de la circulation, ont causé la bousculade mortelle qui a permis, quelques heures plus tard, le déclenchement d’une dialectique de « crime contre les pélerins » et d’une propagande qui s’est développé pour réclamer un dépaysement de l’organisation du Hajj. Lire la suite

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Engrenages

Daesh vaut bien des compromissions avec Poutine, Bachar El-Assad et un Iran aux intentions réelles opaques, peut-être en raison de sa dyarchie: Tel est le discours dominant aujourd’hui, sous le poids des évidences.
Etes-il sûr, pour autant, que la vraie menace qui pèse sur l’Europe, et la plus sérieuse en tout cas, soit là où la plupart des gens la situent et s’enflamment, et où les évènements, avec une grande capacité de persuasion, les conduisent à la situer.
Aujourd’hui, plus que jamais, nous nous déclarons prêts à remettre le destin du monde et celui de l’Europe à Moscou et Téhéran, voire à la Syrie du régime d’El-Assad? Lire la suite

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Un référendum européen sur le TAFTA pour sauver l’Europe?

Viendra peut-être le temps où les citoyens européens, simultanément, devront se prononcer sur la Russie dont l’influence directe ou indirecte sur l’Union européenne qu’elle méprise, croît dangereusement. Il est nécessaire de discerner comment, de manière subreptice, via de multiples relais auxquels de nombreux partis politiques d’extrême droite, souverainistes, ou de gauche radicale et des médias complaisants, la Russie de Vladimir Poutine formatte et influence, sur le plan géopolitique, le débat public en Europe.
Ceci s’exprime sur la crise ukrainienne, l’annexion de la Crimée, la guerre du Donbass, mais l’enjeu des divisions intestines que ces tensions provoquent regarde aussi profondément la ratification du traité transatlantique de commerce et d’investissements (TAFTA).
La Russie y est hostile. C’est son droit.

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