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Réfugiés: la Turquie exerce-t-elle un chantage

Beaucoup, à droite, à gauche, au centre, dénoncent le chantage auquel se livrerait la Turquie sur la question des réfugiés.
On a besoin d’elle, mais on n’aime pas la Turquie pour des raisons qui ne sont pas forcément des plus nobles, qui ne sont pas animées par une exigence de justice et qui ne sont pas exemptes d’arrière-pensées politiques.
La Turquie accueille près de trois millions de réfugiés et nous lui demandons des efforts supplémentaires, car la gestion de l’accueil  des réfugiés compromet Schengen, met à mal la cohésion des Etats de l’UE, favorise la montée de la xénophobe et du repli sur soi. Lire la suite

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Pour en finir avec le Merkel bashing

Si la dimension humaine seule n’y suffisait pas, il faut rendre justice à la chancelière Allemande Angela Merkel de résister au piège que Bachar El-Assad, Vladimir Poutine et l’Iran, voire Daesh, ont déclenché en utilisant contre l’Europe l’arme des réfugiés.

Pourtant, si cette notion d’arme des réfugiés a été utilisée en premier lieu au printemps et au cours de l’été 2015 avec les avancées de Daesh en Libye adressant des navires surchargés de réfugiés vers les côtes européennes, ce concept a pris une dimension tactique à partir de la Syrie et de ses populations d’innocents fuyant un pays ravagé et une terreur sanguinaire.

Disposer auprès de l’opinion publique européenne d’une telle capacité de déstabilisation constitue un atout non négligeable à l’heure où se joue, pour le régime de Bachar El-Assad et ses alliés, une épreuve de force avec l’Europe, et les Etats-Unis.

Ne pas comprendre que la crise des réfugiés est un moyen de pression efficace pour infléchir la position de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni et de semer entre les diverses capitales de l’UE des éléments de discordes dont il suffit de jouer, relève de la naïveté.
Accueillir les réfugiés dans les meilleures conditions possibles est donc un devoir humain, mais, surtout, l’affirmation d’une force morale et tactique face à ce que trament contre nous ceux qui, aux termes de ce qui ne peut pas ne pas être intégré à un calcul, provoquent ces exodes massifs, plaçant la Turquie, notamment, avec ses presque  3 millions de réfugiés, dans un étau intenable devant sa propre population et devant les opinions publiques européennes déboussolées.

C’est un plan terrible. Un défi dont on veut nous faire croire qu’il est sans fin et ne s’arrêtera jamais.
Mais s’il est une personne à qui il faut rendre justice, c’est la chancelière allemande. Elle s’est dressée en rempart face à cette opération de déstabilisation qui n’est pas qu’une conséquence naturelle mais est délibérée.
Il n’est pas impossible, dans un contexte où un mouvement comme Pégida tente de prospérer sur la réaction, que les événements de Cologne et tous les troubles se rattachant à une criminalité imputable aux réfugiés, ne soient pas téléguidés afin d’augmenter le niveau de stress de l’Allemagne face à ces tensions.

Si l’on prend en compte cette dimension, les « bisounours » changent de camp et l’humanité se conserve dans le même.
On peut être pleinement humain et fort.
Mme Merkel le prouve.

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