Archives de Tag: République

République anti-cyclone

Ce que je dirais aux futurs candidats à la présidence de la République, si je pouvais m’adresser à eux, c’est qu’il est urgent de les voir s’entendre sur la manière de rendre, le moment venu, le meilleur service possible à la Nation et au peuple français.

Cela suppose de trouver le chemin exact, dans la géographie turbulente et complexe de nos passions politiciennes, qui mène au peuple, qui mène à sa réalité fondamentale. Elle n’est ni définie ni résolue par les équations partisanes auxquelles le peuple a fini par être réduit au point de ne plus pouvoir se reconnaître autrement que par elles.

Il est temps d’engager nos compatriotes dans un travail d’éclaircissement qui leur permette de reformuler ce qu’est leur identité, leur volonté, ce qui les fait, comment et pourquoi, Français dans notre patrie, dans l’Europe et dans le Monde.

Ce qui est gravé au fronton des mairies, des édifices publics, s’efface, subit tags et graffitis et les outrages du temps.
Acceptons-nous de les voir disparaître ou est-il temps de contribuer à la renaissance de nos valeurs?
D’autres, moins scrupuleux que nous le sommes et pouvons l’être, se proposent de le faire.
Ils se réjouissent déjà des perspectives que notre apparente impuissance à retourner la situation leur assure.

La solution aux crises diverses que nous traversons, c’est nous, le peuple, qui la détenons. Dans notre diversité et notre complémentarité. La République réside dans la complémentarité, pas dans le jeu perpétuel des antagonismes auquel il est si tentant de céder et qu’il faut proscrire aujourd’hui.

La Politique a été inexorablement abîmée au cours des années et est devenue, alors qu’elle devait être l’outil de notre discernement, de la qualité de notre délibération, celui de divisions et subdivisions infinies, ayant pour juge de paix la démocratie indifférente, elle, et les sondages intéressés.
Que croissant soit le nombre de ceux à vouloir que la démocratie soit directe est le signe de cet affaissement.
Toute cette précipitation politico-médiatique nous procure l’illusion de nous retrouver quand elle ne fait que nous perdre et de nous attacher à notre perdition.

Entraînons nos compatriotes hors du brouillard. La République a la puissance utile, avec l’ensemble des principes et du sens qu’elle porte en elle, avec ses voeux ténus qui encore vacillent dans l’obscurité, d’un anti-cyclone capable de lever la dépression qui pèse sur nous et ne semble pas vouloir nous lâcher.

Les crises qui sont les nôtres dénaturent et affaiblissent la volonté du peuple au point qu’il est désormais possible qu’il renonce à être et demeurer un peuple honorable, vaillant et franc, confiant dans ses élites, dans ses patrons, dans son avenir, pour n’être que celui de la défiance permanente.

Des gages, de la vertu, il en faudra. Pour emporter l’adhésion d’un peuple qui s’est senti, à raison souvent, à tort parfois, trahi par ses responsables et ses clercs, il faut un objectif clair et précis, un rendez-vous avec soi qui permette à chacun de s’y reconnaître.

Il faudra compter sur des élites intellectuelles, politiques, des chevilles ouvrières, des acteurs nouveaux, de dignes animateurs et protecteurs du débat national, pour rendre possible cela et transcender les dialectiques stériles, qu’elles soient des politiques ou des corps intermédiaires, qui n’ont joué le jeu, depuis des décennies, que de leur intérêt, et de leur influence sur parties du peuple.

La République a eu le tort de leur accorder le droit de fragmenter, pour un bénéfice que nous n’avons pas eu, l’unité nationale.

Juillet 2016 – les symptômes que j’avais alors identifié ne sont pas levés, mais les papillons du renouveau battent des ailes.

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Alstom, Très Grandes Vanités

Tout le monde, quasiment, tombe à bras raccourcis sur le gouvernement pour avoir anticipé un carnet de commandes pour sauver le site d’Alstom Belfort.
C’est oublier, un peu vite et à bon compte, combien cette décision est une co-production politique, médiatique et sociale, à laquelle quasiment tous ceux qui ont beau jeu de la dénoncer désormais ont contribué.
Sur fond de présidentielle, la dramatisation est allée bon train sur le sort d’Alstom, censé démontrer l’impuissance de l’Etat à défendre l’industrie française.
En apportant un volume de commandes de 15 TGV pour un montant de 700 M€, l’Etat a fait le job que tous lui demandaient de faire pour se le faire reprocher ensuite sur divers modes.
C’est injuste. Lire la suite

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Un homme politique

Je suis un homme politique mais je ne suis pas un homme politique comme les autres. Je paye de ma personne pour faire valoir l’idée que chacun d’entre nous peut apporter son propre génie, susceptible de prendre des formes innombrables, au monde, à la société française.
J’ai commencé cette carrière qui ne m’a procuré aucun avantage sinon celui d’arpenter ma propre mesure en 1996.
J’étais alors un journaliste localier, dans un titre du sud de la France.
Lorsque éclatèrent les grands mouvements sociaux qui firent mettre genoux à terre à l’homme droit dans ses bottes d’alors, le sentiment qui s’est inscrit dans mon coeur c’est que je ne me reconnaissais plus dans mon propre peuple ni même dans mes pairs journalistes.
Chacun réclamait un statu quo social, une protection supérieure au sein du système qui déjà produisait de l’exclusion et de l’inégalité massives, de l’endettement, du désespoir, de grands troubles sociaux et des dérives institutionnelles ainsi qu’une surenchère dans les antagonismes, les radicalisations, les compétitions entre légitimités. Lire la suite

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Au sujet de l’égalité réelle

Sans préjuger de ce à quoi il aboutira, ceux qui se gaussent de la création du Secrétariat d’Etat à l’égalité réelle, sont sans doute du bon côté de l’égalité formelle pour pouvoir ironiser sur un tel sujet.
Il mérite, ce sujet, notre attention.

Il y a trop de gâchis toléré au sein de la République qui devient au fur et à mesure que les crises pèsent sur elle la République des cynismes. Qu’ils soient assumés collectivement, pour des raisons qui tiennent à ce qu’est devenue, en raison de notre désinvolture, la politique, ne les rend pas plus acceptables.

La République, fondamentalement, est l’ennemie du gâchis humain et le lieu normalement d’une espérance et d’une réalisation. Elle se place hors des coteries. Elle appelle chacun à se dépasser, à porter mieux et plus haut ce qu’il est au profit de tous.

Si cet effort est vain, et que cela se vérifie, au delà du prisme de la question des origines et de la couleur de peau, par ce qu’elle honore comme par ce qu’elle méprise, j’ai le regret de vous dire que la République est profondément viciée et que ce que l’on invoque n’a que peu de choses à voir avec le serment ou le voeu d’origine.
Cela signifie alors qu’elle trahit sa propre lettre et, pire encore, elle rend intolérable le sentiment d’inégalité qui n’a pourtant pas d’équivalent pour inspirer des excellences inattendues et des entêtements fructueux.

Que les gens puissent se rendre compte et constater dans leurs vies, dans l’appréciation qu’ils se font, d’expérience, des règles qui dominent une société, et deviennent serviles, obséquieux, cela suffit à faire de cette inégalité, qui devrait participer à une saine émulation nécessaire à la dynamique d’une société, un état vécu, à raison, comme un arbitraire et comme une injustice.

Une société qui établit un tel fonctionnement, installant la conviction que les dès sont pipés,  commet une faute au coeur de ce qu’elle est et veut démontrer.
Elle met le vice à la place de la vertu.
La question qui se pose, en définitive, est de savoir si la question de l’égalité réelle sera posée et traitée sur le plan cosmétique, ce qui ajouterait une désinvolture coupable, ou comme la situation requiert, faisant d’un pays qui s’enorgueillit d’être celui des Idées celui des lubies.
Le succès que l’ironie blasée a remporté lorsque ce Secrétariat d’Etat a été annoncé est assez éloquent déjà sur l’élan auquel nous porte notre préférence collective.
Pourtant…
Pour faire fleurir un jardin, il faut aimer les fleurs.
La République doit suivre le même tropisme.
#Egalité Réelle

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Principe de vie démocratique

La Corse, à propos de laquelle tant de nos commentateurs s’émeuvent de la signification politique de la victoire des nationalistes, a anticipé ce qui vient de se produire en Espagne, où fort hativement on proclame la fin, à partir de ce qui constitue surtout une étape de la recomposition, du bi-partisme. Lire la suite

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Essor du FN: où s’arrêtera la médiocrité nationale?

Encore une nouvelle soirée électorale placée sous le signe de l’avancée du Front National qui vient confirmer sa domination, au sortir du premier tour des élections régionales, sur le jeu politique français pris au piège de sa propre vacuité par une vacuité plus grande encore. Plus périlleuse encore que toutes celles qui nous sont passées dessus.
Celle qu’incarne le Front National.

Où s’arrêtera la médiocrité nationale? 
C’est la question que je me pose, à voix haute, alors que la délibération électorale offre ce spectacle effarant.
Où s’arrêtera la médiocrité nationale?
Mon épouse fournit la réponse: Quand les Français se rendront compte que tout cela est de la médiocrité.

J’ai accompli mon devoir civique ce dimanche tout en n’ayant, le plus souvent pour les partis politiques, qu’un grand, qu’un immense mépris, car – et cette lente descente aux enfers à laquelle nous assistons avec l’emprise qu’exerce désormais le Front National sur notre vie nationale le confirme –  le constat s’impose que la Politique, devenue vilement partisane, dessert plus qu’elle ne sert la réalité du pays.
Toute sincérité est bannie au profit de polémiques.
Tout n’est que calcul. Positionnement. Rhétoriques.
La vérité n’intéresse plus grand monde. Elle est désertée.

Je le dis, avec fermeté, il faut que les Français saluent la vision de De Gaulle quand il a forgé une Constitution destinée à nous protéger de nous-mêmes. Avait-il imaginé une telle submersion politico-médiatique?
Sans elle, depuis quand aurions-nous déjà sombré, corps et âmes?
Ah, comme il avait raison, le général, de se méfier des partis politiques et de placer le président en clé de voute, au dessus des partis…
Cette Constitution est, après le supposé discernement des Français, notre bien le plus précieux.
Les partis politiques, et le FN avec une nocivité inégalée, sont parvenus à altérer le discernement des mes compatriotes.
Alors, il ne reste que la Constitution et les institutions qu’elle consacre.
Ce ne sera pas suffisant.
Cela permettra jusqu’en 2017, à François Hollande de conserver le contrôle de ce puissant et prestigieux vaisseau qu’est la France, fait pour croiser au large de l’histoire et de porter un étendard particulier, mais que les Français s’obstinent à conserver en rade, pour pouvoir passer leur colère dessus, ayant désappris qu’ils étaient embarqués dessus.

Mon épouse déplore: Il n’y a plus de grand homme politique qui pénètre l’Histoire. C’est ce constat lapidaire que lui inspire ce nouveau degré atteint dans la dégradation.
Mon épouse, comme une très grande majorité d’épouses, a raison.

Jamais, dans l’histoire humaine, nous n’avons été en mesure de lever un souffle aussi vivifiant sur le monde, d’ouvrir les portes à une ère nouvelle, jamais les menaces que génère une telle espérance n’ont été aussi fortes, et qu’entendons-nous, dans les campagnes? La lourde fatigue d’un peuple.
Il y a l’Europe. Il y a la mondialisation, avec ce recul de la pauvreté et l’émergence de régions et de populations qui n’avaient aucun droit jusqu’à présent. Il y a cette oeuvre si grande à alimenter, à faire tourner à son meilleur régime, à ajuster et, sur le son d’une Marseillaise et en se réclamant d’une Jeanne d’Arc qui n’a rien demandé de tel, une galerie vient nous amuser et prétend faire monter le peuple au trône quand ils ne sont ceux, les sièges où nous accèderions, que ceux de la facilité et de la médiocrité.

Le triomphe des Le Pen
fait peine à voir

Que d’impostures et de sacrilèges. On convoque le patriotisme pour s’autoriser à détester le musulman, l’arabe. Un autre dit qu’on n’a pas été assez ferme avec la République comme si la République était une fermeté avant d’être une intelligence, une disponibilité à l’intelligence et à la bienveillance.
Alors, tout le monde gonfle sa poitrine et s’imagine Enfants de la patrie pour venger l’outrage pour peu qu’on lui désigne l’ennemi.
Mais il faut se convaincre d’une chose : des enfants de la patrie livreraient bataille contre l’ineptie pour imposer la raison fraternelle, la foi dans le semblable, qui est la loi de la République.
Des enfants de la Patrie iraient terrasser les armées de l’ombre plutôt qu’y mêler leur silhouette. Il éclairciraient les horizons plutôt que de les assombrir.
La démocratie ne sert pas autre chose que le rayonnement de la République. Pas son assombrissement.
Et s’il y a une carence attestée, ce qu’implique la République, c’est d’apprendre à se réappropier les valeurs et de sceller grâce à elles des pactes féconds avec le monde d’aujourd’hui, pas celui du siècle dernier ou de l’époque de Charles Martel et de Soliman le Magnifique.

Moi, même en piteux état, je demeure un enfant de la Patrie. Et la première, la seule peut-être, qualité d’un enfant de cette Patrie,  c’est de reconnaître où est son combat et de ne pas confondre, la poitrine exagérément gonflée, le courage avec la désertion, la dignité nationale avec l’infâmie nationale.
Quand 30 % des gens votent pour un parti islamophobe, qui veut faire du catholicisme une ceinture de chasteté, que tant d’entre nous se laissent aller à l’outrance, à l’amalgame, en désignant le musulman comme étranger, il ne faut pas parler de courage intellectuel, ni d’acuité. Il faut parler de désertion et d’aveuglement.
Ce camp-là n’est en aucun cas celui des enfants de la patrie qu’exalte notre hymne national.

Les seuls sentiments qu’ils ne parvient à faire vibrer, ce sont ceux du vandalisme et de la profanation qu’affectionnent, je crois, les nihilistes, les désoeuvrés et sbires néo-nazis, et ceux qui, aujourd’hui, arborent si fièrement leur vote frontiste, le dénonceront aussi vigoureusement demain.
Il est probable  qu’ils se demanderont, dans le secret de leur conscience, ayant été édifiés depuis 50 ans sur les heures noires de l’histoire à grand renfort de cours, de témoignages, d’expositions, de voyages dans les lieux de la Shoah, comment, en substituant au juif l’arabe et en introduisant la notion d’islamo-facisme, ils ont pu se laisser prendre et entraîner dans de tels courants.
Comme le mal est retors et comme cela nous éloigne de la grande histoire de France.

Le triomphe des Le Pen fait peine à voir.
Au regard de ce qu’est la France.
J’ai déjà dit où est sa plus grande imposture. Celle qui ne se voit pas.
Compte tenu des circonstances historiques exceptionnelles que la France mais aussi l’Europe connaissent, faut-il en effet se résoudre à voir un parti tel le FN, inféodé à Moscou, adversaire de l’Europe, accroître sa mainmise sur l’imposture à quoi il a réduit et instrumentalisé le sens de la souveraineté nationale?
Il y a l’occasion, à partir d’aujourd’hui, de reforger une alliance républicaine révivifiée.
Au delà des appareils partisans, une France attend.
La France attend.

Bien à vous.

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Une (inutile?) histoire républicaine

En 1996, une force m’a emporté. J’étais alors installé dans une vie somme toute confortable et jouissait, en tant que journaliste, d’une position sociale flatteuse.
Je m’en suis extrait.

Bien qu’il m’en coûtât d’abandonner le cours tranquille d’une telle existence, je mesurai chaque jour l’ampleur du chômage et le manque d’allant de mes compatriotes qui n’allaient pas tarder, en scandant « Tous ensembles tous ensembles  » à paralyser le pays, faire tomber le gouvernement d’alors et à rêver qu’ils étaient le centre du monde.
Je ne reconnaissais plus dans ce peuple qui réclamait les 35 h payées 39 et plus de sécurité. Je ne voyais pas les frontières auxquelles leur intelligence s’arrêtait. Lire la suite

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La politique, une question de logiciel?

Ce n’est pas la première à y céder, à gauche au centre comme à droite. La métaphore informatique fait florès. Mme Cécile Duflot a accusé « le logiciel » de Manuel Valls d’être « périmé ».  Au lendemain d’une déroute aux Départementales, le tacle, terme issu de la geste footballistique, est implacable.
On comprend la facilité de langage. On comprend son efficacité, à l’heure où tout est informatisé et où le prochain horizon de partage est celui des objets connectés, chacun étant lui-même objet de son confort, de son exposition aux micro-particules, de ses likes, et de l’avènement de la réalité augmentée. Lire la suite

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La démocratie française malade d’elle-même

Le vote FN est à la démocratie ce que ce que le thermomètre est à la maladie. Il peut déjà servir à mettre en évidence la maladie, mais qui peut croire, sans vouloir offenser quiconque, qu’il est le bon remède. C’est un instrument fiable pour mesurer la niveau de défiance de nos compatriotes à l’égard du « Politique » et de la « Démocratie ». Le Politique et la démocratie devraient être, ce n’est pas faute de le ressasser et d’incanter sur ce mode, ce qui fournit les opérateurs et le cadre de nos nécessaires délibérations.
Mais depuis quand n’avons-nous pas délibéré sérieusement? Lire la suite

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Les départementales de l’anti-mondialisation

Ils l’ont refait encore, dans une proportion significative, ce dimanche. Les Français pourront toujours voter pour les partis qui s’y déclarent opposés et préconisent de s’en protéger à l’extrême: la mondialisation est enracinée dans l’histoire humaine et elle est à l’oeuvre pour la  transformer.
Chaque élection en France est devenue un référendum indirect contre la mondialisation, ses effets et conséquences sur un pays aux 36000 communes et ses trois millions et demi de chômeurs. Pour nous, en Europe, la construction européenne, avec l’euro pour monnaie commune, est le niveau de notre accord à ce mouvement et sur la manière de l’enrichir économiquement et humainement.
Y en a-t-il un autre? Lire la suite

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